jeudi, octobre 08, 2009

Le Grand emprunt doit faire entrer la France dans la société de la connaissance

Intervention devant la commission pour l'emprunt national

Crise financière et mutations économiques


La crise financière a frappé un monde économique en pleine mutation : mondialisation, dématérialisation, décentralisation, évolutions du travail, redéfinition des chaînes de valeur, communication ubiquitaire, accélération des échanges, technologies de l’intelligence ont créé, avant même la crise, un environnement en évolution très rapide, saturé d’opportunités et de menaces.

Le numérique est au centre de ces mutations :
· Profondes mutations du secteur des médias (délinéarisation, fragmentation, chaînes de valeur, UGC…) ;
· Redéfinition des secteurs de la distribution (personnalisation, simulation, désintermédiation) ;
· Nouvelle efficacité des approches d"open innovation" « low cost », rendues possibles par les modèles de développement basés sur l’open source, le mash up et les APIs ouvertes (Ce mouvement rend à la fois de nouvelles offres possibles mais en même temps la définition de business model rentable toujours plus difficile en mettant la pression sur les marges) ;
· Mutations de secteurs industriels renouvelés par l’informatique et les télécommunications (transport, énergie, urbanisme, santé…) ;
· Emergence de nouveaux marchés : industries de la connaissance, services personnalisés, etc.

Pour de nombreux analystes, ces transformations économiques sont en outre corrélées à de profondes transformations sociales (incluant de nouvelles aspirations : environnement, développement durable, transparence, participation…) qui, en particulier, affaiblissent durablement les modes de production, de commercialisation et de consommation qui ont caractérisé les sociétés industrielles du XXe Siècle. C’est ainsi que la chute spectaculaire de General Motors marque pour beaucoup la fin d’un certain modèle industriel bien plus qu’une simple conséquence de la crise des subprimes.

C’est pourquoi le « grand emprunt » ne doit pas seulement relancer l’économie, il doit surtout permettre de renouveler les politiques industrielles classiques et d’investir sur la fondation de cette nouvelle donne économique et sociale pour fonder les bases de la prospérité française dans une économie de la connaissance ouverte.

Il doit en particulier s’attacher à trois objectifs :
- Fonder, durablement, une « société de la connaissance »
- Renforcer la compétitivité des secteurs industriels en soutenant leur mutation numérique ;
- Soutenir les secteurs d’hypercroissance pour augmenter durablement la croissance globale ;



1- Faire entrer la France dans la « société de la connaissance »


L’économie de la connaissance n’est pas qu’un slogan. Production, stockage, distribution et chaînes de valeur sont bouleversés dans de nombreux secteurs, en un mouvement qui concerne le corps social dans son ensemble.
Les investissements issus du grand emprunt ne doivent donc pas seulement lancer des chantiers d’avenir : ils doivent contribuer à transformer notre économie pour l’adapter à cette nouvelle donne.
C’est ainsi que nous avons besoin d’investissements permettant de :
- renforcer l’ambition, l’attractivité et le rayonnement des centres de recherche, universités, écoles d’ingénieurs et de faire bénéficier le tissu économique de cette excellence ;
- continuer à soutenir la diffusion du numérique, mais aussi de ses méthodes et de ses valeurs (créativité, travail collaboratif, recherche personnelle, ouverture et interopérabilité) dans l’ensemble du système éducatif ;
- moderniser et numériser l’administration, notamment dans ses rapports avec l’entreprise, non seulement pour accroître la vitesse et l’efficacité de ces services, mais aussi pour leur valeur d’exemplarité.

Tous les investissements qui renforceront la qualité de la recherche et de l’enseignement supérieur, la diffusion des pratiques numériques dans l’Education nationale et l’optimisation des relations avec l’administration seront porteurs de relance, non seulement du fait de leur efficacité directe, mais aussi par leur valeur d’exemplarité.

L’économie de la connaissance se déploie, à bien des égards, comme une culture nouvelle avec des valeurs, des principes et des méthodes qui lui sont propres. Cette culture est riche de potentialités, mais aussi de menaces pour les sociétés et les citoyens. Or, à bien des égards, la source de cette culture est encore américaine. La France, qui avait pourtant joué un rôle pionnier avec des institutions comme la CNIL ou le CCNE semble aujourd’hui absente de ces débats internationaux. Il est essentiel de soutenir l’émergence de débats public et d’élaborations conceptuelles portant sur des thématiques aussi essentielles que l’identité numérique, le statut des données personnelles, les nouvelles formes de valeur économiques, la sécurité et la confiance dans l’économie numérique, etc.

Un soutien au financement de Fondations et Think Tank permettant d’élaborer puis de promouvoir des positions françaises sur les questions centrales à la société de la connaissance semble déterminant.

L’un des principaux aspects de la transformation numérique tient au fait qu’il existe désormais, à côté des infrastructures matérielles, des infrastructures immatérielles, voire « logiques », aussi déterminantes pour la prospérité économique que les infrastructures anciennes : normes, standards, formats de données, bases de données…

Il semble à cet égard essentiel de voire figurer dans ce plan d’investissement :
· L’interopérabilité et l’ouverture des données publiques. La question de la libération des données publiques est devenue essentielle pour les chercheurs et les start-ups : les systèmes d’information (santé, urbanisme, pollution, météo…) représentent aujourd’hui une matière première exceptionnelle pour de très nombreuses entreprises .
· Un effort significatif sur l’implication française dans les débats internationaux de normalisation, standardisation et gouvernance du net, et sur l’établissement de consensus nationaux sous-tendant cette participation .

2- Utiliser le levier numérique pour renforcer la compétitivité


Le numérique, souvent perçu comme un facteur de risque, est un important levier de compétitivité industrielle.

Le plan de relance américain fait ainsi appel au numérique pour passer, avec la même infrastructure physique, d’un réseau énergétique obsolète à un réseau électrique intelligent, auto-organisé, bidirectionnel et hyper-performant (20 Milliards de $ sur le smart grid). De même, il recourt au numérique pour bâtir un système d’information de santé permettant non seulement la mise en place d’une sécurité sociale universelle, mais aussi la création de nombreuses activités à très forte valeur ajoutée (17 milliards).

En France, même si nos infrastructures sont meilleures, un tel projet aurait un impact significatif sur la consommation énergétique globale et sur le déploiement des énergies renouvelables. De plus, nous pouvons rechercher ce type de projets structurants, intégrateurs d’innovations et disruptifs, dans des secteurs où nous avons un réel potentiel de prise de positions de leadership :
· Ecosystème des industries de création et notamment image 3D, jeu vidéo, cinéma, e-learning, serious game ;
· Nouveaux modes collaboratifs d’interaction et de création, télétravail, murs d’écrans
· Maison digitale (économie d’énergie, nouvelles formes de communication, services et médias, lien social),
· Villes intelligentes, posant de manière renouvelée les questions d’urbanisme, de transport, d’énergie, de communications, de mobilisation et de participation citoyenne.
· Services pour la santé (télémédecine, DMP, Medecine 2.0) et plus généralement services à la personne : il est possible, non seulement d’optimiser l’efficacité et la productivité du système de santé, mais encore de créer d’innombrables services à très haute valeur ajoutée sur un marché déjà existant ;
· Transports, route intelligente, véhicule électrique (les TIC joueront un rôle clé dans la gestion de l’infrastructure de recharge/échange de batteries)
· Internet des objets, qui sera une technologie structurante avec des applications dans de nombreux secteurs industriels , commerciaux et pour la maison intelligente , la ville durable
· Internet mobile, avec notamment les services géolocalisés de proximité
· La communication généralisée (mobile, en consommation de média, en parallèle avec toutes les autres applications
· technologies vertes, dans lesquelles capteurs, senseurs et logiciels d’optimisation auront un rôle central.
· Cloud Computing et virtualisation des infrastructures ;

Le grand emprunt devrait, sur plusieurs de ces chantiers essentiels, financer de grands projets de recherche/développement porteurs de ruptures, intégrateurs et structurants, allant jusqu’au déploiement de plate-formes d’innovation et d’infrastructures pérennes.

Ce financement peut prendre la forme de grands projets à objectif ambitieux et intégrateur (infrastructure de cloud computing de premier rang mondial, par exemple), ou de plate-formes de recherche dans l’esprit de certains projets actuellement soutenus par le FUI.

Le financement de ces programmes à travers les fondations pour la recherche semble une excellente option, susceptible de draîner des financements privés au côté de l’investissement public.

Sans préjudice d’autres programmes concernant d’autres secteurs économiques, Cap Digital soutiendrait en particulier le lancement de programmes de recherche collaborative ambitieux sur les secteurs suivant :

- Contenus intelligents, filière image, animation 3D et mediacomputing, avec un effort considérable de formation, en considération du rang de la France dans ces industries et de leur potentiel d’hypercroissance dans les années à venir ;
- Maison digitale, parce que le domicile est aujourd’hui la cellule de base de la société numérique, et qu’un tel chantier intégrerait, autour d’objectifs concrets et porteurs de croissance, les réflexions sur l’information, le très haut débit, l’énergie, le développement soutenable et la communication / citoyenneté ;
- Cité intelligente et durable, parce que seul le numérique permettra d’intégrer, avec une efficacité accrue, les besoins de transport intelligent, d’économies d’énergie, de participation citoyenne, de services géolocalisés et personnalisés qui fonderont demain les « smart cities »
- TIC et santé, parce que le potentiel d’amélioration de la qualité des soins, d’optimisation des dépenses est majeur, parce que le marché est déjà présent et parce que la France va affronter, plus tôt que d’autres pays, la question de la longue vie, mais sera ensuite en position d’exporter nombre de services et de solutions dans le monde entier.
- Internet des objets : parce que cette nouvelle révolution porte un potentiel quasiment infini de services à très haute valeur ajoutée et qu’il n’existe à ce jour aucune position de leadership mondial.

Sur certains projets porteurs d’innovation sociale, il sera important de soutenir la création de plateformes d’intégration des services & usages, pour les tester, les valider et entrer dans une phase de co-innovation avec les usagers. On souhaiterait que le grand emprunt, en dehors d’augmenter des fonds de financement des projets collaboratifs sur le modèle actuel, permette aussi de financer (au sein d’un organisme public pour des questions d’investissement) des plateformes qui ensuite seraient mises à disposition aux partenaires. On peut aussi imaginer des tests en grandeur réelle et plus structurants ( « smart cities »).

Tous ces projets structurants ne pourront se déployer qu’en s’appuyant sur le déploiement effectif et généralisé d’une infrastructure à haut puis très haut débit. Mais il serait regrettable que le grand emprunt se focalise excessivement sur cette question: l'infra structure haut débit existante permet de répondre à un prix très compétitif aux besoins des nouveaux services émergents.

3- Soutenir l’hypercroissance


Au delà de cet indispensable soutien aux secteurs industriels en voie de transformation rapide, il est indispensable, pour atteindre une croissance durable, de positionner une fraction significative des activités de la France sur des secteurs en forte croissance.

Or, les secteurs d’hypercroissance sont rares, et généralement hautement technologiques : énergies renouvelables, environnement, et, naturellement, numérique.
Le secteur numérique est l’un de ces secteurs. Il dépasse largement le cadre de l’Internet. A la rencontre des industries de l’informatique et des télécommunications et des industries de l’information, éducation et divertissement , ilenglobe les contenus digitaux (images, jeux vidéos, services mobiles), le traitement des signaux, de l’information et de la connaissance, la téléphonie mobile et l’ensemble des applications à très forte valeur ajoutée qui se développent autour des capteurs et senseurs, de la géolocalisation et des communications sans contact.
Avec l’augmentation continue de la puissance des puces, l’« informatique » pénètre tous les objets de la vie quotidienne . Quant aux télécommunications, elles concernent désormais toutes sortes de services (personnalisés, géolocalisés, machine to machine) où le numérique ouvre un potentiel de création quasi infini. A la rencontre de ces deux secteurs, les contenus et services numériques représentent 60% des investissements et ont une croissance annuelle de 20 % . D’autres secteurs émergent aujourd’hui, avec un potentiel extraordinaire : internet mobile, services mobiles, internet des objets, robotique, serious game…

C’est pourquoi au Japon, un tiers du plan de relance est consacré à l’industrie des contenus prise au sens global : musique, cinéma, télévision, jeu vidéo, télécoms. De nombreuses initiatives sont mises en œuvre pour pousser les industriels japonais à se regrouper en mettant l’accent sur la double finalité économique et culturelle de cette industrie.

Or, la France a de nombreux atouts dans cette économie : infrastructures, éducation, grandes entreprises très internationalisées, entrepreneurs, fiscalité de l’innovation. Sur de nombreux secteurs, elle a conservé de très bonnes positions dans les télécommunications, le logiciel (notamment le logiciel libre), l’image 3D et les effets spéciaux, les jeux vidéos ou les services mobiles, secteurs qui sont désormais situés sur la ligne de front de la guerre économique.

La région Ile de France est, d’après la Commission européenne, la région d’Europe la plus dense en emplois sur les secteurs numériques, avec plus de 100 000 emplois dans le secteur de l’audiovisuel (soit ½ Hollywood) et plus de 400 000 emplois supplémentaires dans les technologies de l’information et de la communication.

La France a tout le potentiel pour installer durablement des industries solides sur ces secteurs d’hypercroissance.
Les acteurs de la transformation sont généralement les PME, flexibles, mobiles et adaptables. Elles ont besoin, pour réussir, de s’insérer dans un écosystème de croissance, riche en grandes entreprises et en recherche publique et privée, capable de financer leur développement et donc offrant en particulier des possibilités de sortie aux investisseurs.

En structurant ces écosystèmes les pôles de compétitivité sont une première réponse à cette problématique. Il faut maintenant étendre ces méthodes et passer à la vitesse supérieure.

De nouvelles mesures, plus spécifiquement dédiées aux PME de croissance, accélèreraient ce développement :

· Créer des fonds de préamorçage avant de permettre la maturation des projets de création d’entreprise, flécher les exonérations d’ISF prévues par la loi TEPA sur les secteurs technologiques et de croissance ;
· Soutenir les PME de croissance qui ont plus de mal à trouver leurs fonds propres, par exemple grâce à des prêts participatifs à taux préférentiel ;.
· Accélérer la mise sur le marché des innovations des PME, notamment par la commande publique ;
· Poursuivre la structuration des écosystèmes de croissance : faciliter l’accès des PME aux grands comptes et à la commande publique, combler le fossé croissant entre PME et grands groupes et continuer à susciter l’implication de la recherche privée de ces grands groupes, de la recherche publique et des financeurs dans ces écosystèmes. Et avant tout soutenir l’ambition internationale de ces écosystèmes.

mardi, septembre 29, 2009

Qu'est-ce qu'une politique d'innovation ?

Petite intervention ce jour à l'invitation de Marc Giget à une journée consacrée à l'innovation à l'Echangeur.

jeudi, juillet 16, 2009

Préparer la société numérique

Plus de 10 millions de chercheurs dans le monde publient plus de 5 millions d’articles et près d’un million de brevets par an. Dans quelques années, les murs d’images, les services géolocalisés, le web réellement sémantique, les objets intelligents, les nanotechnologies, ou les dialogues entre avatars intelligents seront d’usage quotidien.

Internet, moteur de ce mouvement, sort du réseau et des ordinateurs et devient un réseau global, une « infosphère », conjuguant de nombreux moyens de télécommunication, d’immenses archives, d’innombrables objets connectés, des milliards de capteurs et de senseurs et rassemblant bientôt plus de deux milliards d’humains.

vendredi, juin 05, 2009

Ce Monde que nous allons bâtir

(Interview au Figaro du 5 juin 2009)








TRIBUNE - Henri Verdier est le président du Conseil d'administration de Cap Digital, le pôle de compétitivité des contenus et services numériques. Il présente Futur en Seine, une nouvelle manifestation qui a vocation à devenir une «biennale du numérique».





Nous n'avons encore rien vu.
Les technologies de l'intelligence se répandent, quittent les écrans, relient des dizaines d'objets non électroniques, se personnalisent, se géolocalisent. Bientôt, elles quitteront les objets eux-mêmes pour investir le monde entier. L'écran va disparaître pour faire place au tridimensionnel, à l'interaction de machine à machine comme dans les moteurs de recherche, ou d'humain à humain comme dans les réseaux sociaux.

jeudi, avril 30, 2009

Rapport moral à l'Assemblée générale de Cap Digital pour l'exercice 2008

J'ai le plaisir de vous présenter le rapport moral présenté ce jour à l'Assemblée générale de Cap Digital :


Mesdames et messieurs les adhérents,

Il me revient de vous rendre compte aujourd'hui du troisième exercice de notre association, au vu des missions que nous nous sommes données lors de la création de notre association, et que nous avons précisées dans le cadre de notre plan stratégique 2009-2012.

Ayant été élu à la présidence du Conseil d’administration de Cap Digital en septembre dernier, et donc vers la fin de cet exercice 2008, je peux vous dire que je trouve ce bilan remarquable, et souligner que c’est en très large part le bilan de Jean-Pierre Cottet, le premier président de Cap Digital.

Jean-Pierre a souhaité passer le témoin à l’issue de cette phase de création du pôle et d’une évaluation nationale très favorable. C’est lui qui a réussi à créer un véritable esprit collectif et chaleureux à ce qui était initialement un regroupement de professionnels parfois enfermés dans leurs secteurs, souvent rudement concurrents. C’est lui aussi qui a permis à notre secteur des industries de la création numérique de devenir un interlocuteur aussi crédible que les secteurs industriels plus anciens ou plus « matériels ».
Nous l’en remercions, et nous réjouirons de le retrouver dans de prochaines collaborations.

Je voudrais dire aussi combien nous avons la chance de pouvoir nous appuyer sur une équipe talentueuse, qui ne ménage pas sa peine, et qui n’oublie jamais que sa mission est avant tout de se mettre au service des projets des membres : entreprises et établissements publics de recherche.
L’objectif de Cap Digital est clair : soutenir nos entreprises et nos laboratoires afin que Paris et sa Région soient l'un des centres mondiaux significatifs en matière d'industries de la création numérique. C’est en regard de cet objectif que je souhaite vous présenter les principaux éléments de notre bilan 2009.

Vie de l'association


  • L’audience de Cap Digital continue de croître. Le nombre d’adhérents à jour de cotisation est ainsi passé de 278 en 2006 (dont 215 PME), 286 en 2007, dont 213 PME, 318 en 2008, dont 246 PME.
  • Plus intéressant, le taux de départ reste raisonnable : sur près de 380 inscrits, seules 14 entreprises ont notifié leur désir de quitter le pôle, une quarantaine ne sont pas à jour de cotisations.
  • Les premiers éléments 2009 montrent que cette tendance devrait s’amplifier, puisque nous avons accueilli 50 nouveaux membres hier, près de 70 depuis la rentrée.
Nous avons donc des motifs de croire que nos adhérents trouvent intérêt à participer à notre projet, ce qui devrait s’affirmer avec les nouveaux services que nous développerons en 2009.

  • Les membres de Cap Digital bénéficient des services du pôle, puisqu’en trois ans, plus de 225 membres ont obtenu au moins un label (et donc un soutien). Près de la moitié des membres de Cap Digital sont actuellement participants à au moins un projet, 3/4 des PME.
  • Les relations de Cap Digital avec les pouvoirs publics et les décideurs politiques sont excellentes, comme en témoignent les soutiens affirmés de la Région, de la ville de Paris et des départements de l’Ile de France. Cette bonne relation, qui s’est marquée en 2008 par la visite de François Fillon à notre Assemblée générale de février (et en 2009 par la première visite officielle de Nathalie Koszuisko-Morizet), permet à Cap Digital de relayer efficacement les enjeux numériques auprès des décideurs, comme en témoigne la prise en compte de la contribution de Cap Digital au Contrat de plan Etat-Région.
  • L’audit national des pôles, effectué à la demande du ministère de l’économie, des finances et de l’industrie, a classé Cap Digital dans les pôles ayant atteint leurs missions et nous a réservé des appréciations très élogieuses.
  • Même si ces premiers éléments sont encourageants, Cap Digital a poursuivi sa structuration :
            o Aboutissement en février 2008 d’un intense travail collectif ayant permis la définition d’un plan stratégique 2009-2012 ;
            o Réorganisation de l’association, pour dynamiser à la fois le processus projets et l’animation des communautés thématiques, en créant trois commissions techniques en charge de la labellisation ( contenus, services et connaissances) et neuf communautés de domaine (Jeu vidéo, Design numérique, Patrimoine numérique, Image Son et Interactivité, Robotique et objets communicants, Éducation et Formation numérique, Services et usages, Ingénierie des connaissances, Logiciel libre, coopération et nouveaux modèles.)
           o Préparation intensive du lancement du plan filière, qui nous permet de dynamiser les services de soutien à la croissance des entreprises autres que le financement de la R&D – formations, rencontres, voyages, think tank). Préparation du projet Futur en Seine qui va nous permettre, dans un mois, de monter en Ile de France un grand événement populaire et festif centré sur les technologies, la prospective et les savoir-faire de nos entreprises et de nos laboratoires.

  • Enfin, et c’est très important, l’exercice est caractérisé, comme les deux précédents, par la maîtrise des coûts, puisque les recettes se montent à 109 % du budget prévisionnel (1 927 360 euros), les charges à 102 % du budget prévisionnel (1 767 000 euros), ce qui permet à l’exercice de se traduire par un résultat net après impôts de 63 938 euros.
Activités de l'association

    L’activité de recherche et développement de Cap Digital a continué à croître en quantité comme en qualité.

    Voici les résultats de Cap Digital, tous appels confondus, sur les deux dernières années :

            Nb de projets reçus   Nb de projets labellisés  Nb de projets financés   Montant financements (Meuros)

      2007          109                                  52                                   41                        41

        2008          213                                  74                                  59                         51


          Il faut noter que cette augmentation tient non seulement au dynamisme de nos adhérents mais aussi à la mise en place de nombreux dispositifs, dont le fonds FEDER dont nous vous reparlerons au cours de cette AG. Il est important en effet que les porteurs de projets construisent avec les équipes de Cap Digital une stratégie de dépôt en recherchant les guichets qui correspondent le mieux à leurs projets et qui ont le meilleur taux de réussite.

            • Cette augmentation, qui s’accentue en 2009, montre que nous avons dépassé les projets qui avaient justifié la création du pôle et bénéficions désormais d’un véritable processus de production récurrente de projets de qualité.
            • C’est ainsi que, pour la deuxième année consécutive, Cap Digital se place au premier rang national pour le nombre de projets ANR, au quatrième rang pour le financement, nos projets étant généralement de taille plus modestes que ceux d’industries plus lourdes.
            • De même, Cap Digital est le quatrième pôle en termes de financements issus du FUI, derrière trois filières très anciennes et très installées : Systematic sur le plateau de Saclay, Minalogic à Grenoble et Aerospace Valley.
            • Je me réjouis de ce succès, non pas par esprit de compétition, mais parce que je me souviens de la difficultés que nous pouvions avoir, il y a quatre ans à peine, à installer l’idée que nous étions un secteur industriel à part entière. Il me semble que c’est aujourd’hui chose inconstestée.
            • Cap Digital a également poursuivi ses actions événementielles, destinées à soutenir encore le dynamisme de notre communauté, sa créativité, les échanges entre les membres ou la présence internationale de nos entreprises.
            • Je ne peux citer ici l’ensemble de ces événements, que vous retrouverez sur le rapport d’activité disponible sur le site. Je rappellerai simplement la présence de nos membres dans certains des plus grands salons mondiaux de nos secteurs (SIGGRAPH, BETT, Game Convention à Leipzig), le soutien à l’organisation Forum mondial du libre ou à l’organisation de la Game développeur convention de Paris, le soutien à la création de la Cantine ou les Entretiens du nouveau monde industriel.
            • Enfin, puisque nous croyons fermement aux vertus de la « coopétition » au sein de notre communauté, nous appliquons ces mêmes principes à d’autres de nos partenaires compétiteurs. Je me réjouis donc de vous faire part de la montée en puissance des coopérations avec d’autres pôles de compétitivité franciliens (Systématic, Move’o, Advancity, tant en termes de colabellisation qu’en termes d’événementiel ou de réflexion stratégique).
            • De même, grâce au programme REDICT, Cap Digital a noué une coopération forte avec des clusters cousins en Europe (Dublin, Copenhague, Amsterdam, Berlin et Bucarest) et bénéficie ainsi d’un appui logistique sur ces régions, et notamment de la capacité à aider nos adhérents à trouver des partenaires pour les projets européens.
            • Dans le même esprit, Cap Digital a renforcé des relations suivies avec des clusters de San Francisco (avec qui nous menons le projet Sebastian dans le cadre du programme « digital sisters cities), Montréal (et Québec), Boston et Séoul. N’hésitez pas à solliciter notre équipe pour mieux travailler avec ces réservoirs de partenaires.


              Prochains défis 
              Notre association a donc réussi la première étape de son projet. Une communauté francilienne des industries et laboratoires de la création numérique se met en place. Elle stimule l’effort de R&D et bénéficie d’un soutien sans faille des pouvoirs publics, Etat et Région. Nous pouvons nous en féliciter, mais nous devons également préparer la deuxième étape.

              Sans commencer aujourd’hui un pré-rapport 2009, je voudrais dire ce matin que la confiance de nos adhérents et de nos financeurs nous donne aujourd’hui un devoir d’excellence.

              La crise mondiale vulnérabilise les entreprises qui dépendent de la publicité, ralentit certains de ceux qui travaillent en B to B et pourrait toucher un jour les producteurs de contenus grand public.
              La reprise, sera, à l’évidence, marquée par un rapide bond en avant des industries de la création numérique, mais aussi, très probablement, par une fécondation d’autres secteurs industriels (Santé, services à la personne, transport, énergie) par nos outils et nos métiers.
              Internet des objets, géolocalisation, cloud computing, rendering, interfaces in real life… De nombreux sujets nous concernent aujourd’hui qui n’étaient que des questions prospectives il y a quatre ans. Ce seront les moteurs de la nouvelle croissance.
              Nous devons donc faire preuve de solidarité pendant cette période – autant entre les membres de Cap Digital qu’entre Cap Digital et les institutions importantes pour notre communauté -, pour maintenir la qualité de notre écosystème. Nous devons être prêts à saisir les prochaines vagues. Nous devons donc concevoir des projets de recherche exigeants qui nous placent réellement dans les meilleurs au niveau mondial.
              Nous devons travailler ensemble à l’analyse prospective et stratégique.
              Nous devons soutenir la création de communautés de domaine fortes et capables de rayonnement international.




                            Conclusion 
                            Je voudrais donc conclure en rappelant nos quatre défis pour cette année 2009 :


                            • maintenir la qualité du programme de R&D, non seulement parce que nous croyons aux vertus de la création, de l’innovation et de la vitesse, mais aussi parce que lien singulier avec la recherche est la force des pôles de compétitivité, son « ADN » et ce qui les différencie d’une simple association professionnelle.
                            • Développer le programme de soutien à la croissance : aide au financement, à l’implantation, à la gestion des risques de l’hypercroissance, aide aux partenariats internationaux et à l’exportation de nos produits et solutions.
                            • Développer notre veille, notre prospective et notre qualité d’anticipation stratégique grâce au programme think tank
                            • Installer notre identité collective dans le territoire francilien, prendre conscience de nos forces et de notre créativité, nouer une relation unique avec notre public, renforcer notre attractivité grâce à Futur en Seine.
                            C’est pourquoi j’espère que nous nous retrouverons nombreux le 29 mai au soir pour l’inauguration de Futur en Seine, sans doute au siège de Cap Digital, et que vous contribuerez, par votre présence, vos initiatives, voir votre soutien financier à cette manifestation que nous voulons installer durablement dans le paysage.

                             Je vous remercie.

                            Henri Verdier