John Markoff est journaliste, auteur notamment de What the Dormouse Said: How the 60s Counterculture Shaped the Personal Computer Industry.
Nous avons eu la chance de l'entendre au cours de la dernière session du Orange Institute, à laquelle je participais en novembre dernier.
La thèse de Markoff est tout entière résumée par le sous-titre de son livre : il soutient que c'est la contre-culture des années 1960-70, particulièrement intense à San-Francisco, qui a fait naître l'informatique personnelle, l'informatique média et donc l'Internet que nous avons connu dans les années 1980 -90.
Dans le détail, son travail historique, très documenté est très probant, est plus subtil que cette première thèse. Il analyse plutôt l'affrontement d'une tradition industrielle proche des cercles militaires, fondée sur les développements impulsés par la Deuxième Guerre mondiale et d'une contre-culture libertaire, culture du développement personnel, de l'exploration de la perception, saturée de débats politiques et idéologiques, dans un écosystème dense et bouillonnant. Un écosystème à la fois hanté par la recherche du "Big Score", du profit, du succès et par une passion pour le partage et la gratuité de l'information. Un écosystème rassemblant toutes les nationalités, toutes les expérimentations, toutes les opinions mais avec une très forte culture technologique et un goût de l'innovation.
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lundi, janvier 10, 2011
dimanche, janvier 02, 2011
Le triomphe de la Cité
Edward L. Glaeser est un jeune professeur d'économie de Harvard, dont les nombreux travaux sont en train de redonner toutes ses lettres de noblesse à l'économie urbaine.
Il est notamment admiré, me dit-on, pour sa grande capacité à produire des modèles sophistiqués, mêlant théorie des jeux, théorie des prix, micro-économie... et à les tester avec des données extraites des situations réelles.
Edward L Glaeser a signé, dans le Boston Globe de la semaine dernière, un court article très stimulant expliquant que "la renaissance de l'Amérique commence dans les villes".
Cet article est une véritable profession de foi en faveur des écosystèmes urbains, socialement brassés, toniques et créatifs, tels que je les défendais dans mon billet sur la "filière de l'innovation" : "L'avance des villes en matière d'innovation explique pourquoi la technologie et la mondialisation ont rendue les villes de plus en plus -et non de moins en moins - importantes. Le bénéfice accordé à l'intelligence est de plus en plus grand, et les gens deviennent plus intelligents en étant entourés de gens intelligents, dans les villes."
Finalement, le phénomène du campus ne serait-il qu'une pâle imitation du phénomène urbain ?
Il est notamment admiré, me dit-on, pour sa grande capacité à produire des modèles sophistiqués, mêlant théorie des jeux, théorie des prix, micro-économie... et à les tester avec des données extraites des situations réelles.
Edward L Glaeser a signé, dans le Boston Globe de la semaine dernière, un court article très stimulant expliquant que "la renaissance de l'Amérique commence dans les villes".
Cet article est une véritable profession de foi en faveur des écosystèmes urbains, socialement brassés, toniques et créatifs, tels que je les défendais dans mon billet sur la "filière de l'innovation" : "L'avance des villes en matière d'innovation explique pourquoi la technologie et la mondialisation ont rendue les villes de plus en plus -et non de moins en moins - importantes. Le bénéfice accordé à l'intelligence est de plus en plus grand, et les gens deviennent plus intelligents en étant entourés de gens intelligents, dans les villes."
Finalement, le phénomène du campus ne serait-il qu'une pâle imitation du phénomène urbain ?
jeudi, décembre 23, 2010
Naissance du Fabernet
De "do it yourself" à l'usine personnelle
L’expansion du phénomène "Rapid Prototyping" ou "Personnal Factory" aux Etats-Unis, mêlant le mouvement DIY (« Do It Yourself »), le progrès des imprimantes 3D et autres techniques de "freeform fabrication", et une esquisse d'industrialisation, est impressionnante. Des dizaines de sites sont désormais accessibles aux Américains, tous fondés peu où prou sur la même logique : je designe un objet, un meuble, voire une machine sur mon ordinateur, j’envoie les spécifications en ligne et je reçois chez moi l’objet fabriqué à façon.
Je vous conseille vivement, pour vous en convaincre, d’aller faire un tour sur des sites comme Ponoko, Makerbot et sa célèbre machine Thing-o-matic, Thingiverse, Shapeways, qui est aussi un circuit de distribution et rémunère les créateurs, d'autres comme Backyardbrains qui se spécialisent dans les kits pour les expériences scientifiques, ou le plus drôle evilmadscience, "DIY and open source hardware for art, education, and world domination" : une très longue liste est également disponible ici.
L’expansion du phénomène "Rapid Prototyping" ou "Personnal Factory" aux Etats-Unis, mêlant le mouvement DIY (« Do It Yourself »), le progrès des imprimantes 3D et autres techniques de "freeform fabrication", et une esquisse d'industrialisation, est impressionnante. Des dizaines de sites sont désormais accessibles aux Américains, tous fondés peu où prou sur la même logique : je designe un objet, un meuble, voire une machine sur mon ordinateur, j’envoie les spécifications en ligne et je reçois chez moi l’objet fabriqué à façon.
Je vous conseille vivement, pour vous en convaincre, d’aller faire un tour sur des sites comme Ponoko, Makerbot et sa célèbre machine Thing-o-matic, Thingiverse, Shapeways, qui est aussi un circuit de distribution et rémunère les créateurs, d'autres comme Backyardbrains qui se spécialisent dans les kits pour les expériences scientifiques, ou le plus drôle evilmadscience, "DIY and open source hardware for art, education, and world domination" : une très longue liste est également disponible ici.
dimanche, décembre 19, 2010
Google N-Gram : des choses cachées depuis le commencement du monde
Etes-vous déjà allé tester le service Google N-Gram mis en ligne sur le GoogleLabs ?
C'est assez fascinant, et c'est une belle illustration de ce que je commençais à évoquer dans mon dernier billet sur les big data.
Comme l'expliquent les responsables du projet sur le blog officiel, Google vient tout simplement de mettre à la disposition des chercheurs un invraisemblable corpus. 5 millions de livres ont été numérisés soit, paraît-il, environ 4% des livres imprimés depuis l'aube de l'humanité. Je suppose que la distribution de ces ouvrages, censément en six langues, est accessibles quelque part.
Google Research a ensuite trié les 1000 milliards de mots concernés, pour en construire le modèle n-gram pour n=5. En gros, ils créé le corpus de toutes les séquences de 1 à 5 mots disponibles. 1000 milliards de mots, 13 millions de mots différents, 1 milliard de séquences apparaissant au moins 40 fois, le tout disponible pour la recherche ou même accessible en ligne sur le GoogleLabs.
C'est assez fascinant, et c'est une belle illustration de ce que je commençais à évoquer dans mon dernier billet sur les big data.
Comme l'expliquent les responsables du projet sur le blog officiel, Google vient tout simplement de mettre à la disposition des chercheurs un invraisemblable corpus. 5 millions de livres ont été numérisés soit, paraît-il, environ 4% des livres imprimés depuis l'aube de l'humanité. Je suppose que la distribution de ces ouvrages, censément en six langues, est accessibles quelque part.
Google Research a ensuite trié les 1000 milliards de mots concernés, pour en construire le modèle n-gram pour n=5. En gros, ils créé le corpus de toutes les séquences de 1 à 5 mots disponibles. 1000 milliards de mots, 13 millions de mots différents, 1 milliard de séquences apparaissant au moins 40 fois, le tout disponible pour la recherche ou même accessible en ligne sur le GoogleLabs.
mardi, décembre 14, 2010
Big Data : Making sense at scale
D'un récent voyage dans la Silicon Valley (merci aux amis du Orange Institute), je rentre avec une conviction : tout ce que nous connaissions du web va changer à nouveau avec le phénomène des big data. Il pose à nouveau, sur des bases différentes, presque toutes les questions liées à la transformation numérique.
En 2008, l’humanité a déversé 480 milliards de Gigabytes sur Internet. En 2010, ce furent 800 milliards de Gygabytes, soit, comme l’a dit un jour Eric Schmidt, plus que la totalité de ce que l’humanité avait écrit, imprimé, gravé, filmé ou enregistré de sa naissance jusqu’en 2003.
Ces données ne sont pas toutes des oeuvres. Outre les blogs, les textes, les vidéos (35 millions sont regardées sur Youtube chaque minute) ou le partage de musique, il y a désormais les microconversations, les applications géolocalisées, la production de données personnelles, la mise en ligne de données publiques, les interactions de l’Internet des objets...
Naviguer dans ce nouveau web demande une nouvelle science. C’est comme passer d’une navigation fluviale à une plongée en eaux profondes. Mobilis in mobile.
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