mardi, décembre 06, 2016

Des communs numériques pour l'émancipation et l'action

Vendredi, dans le cadre du sommet du Partenariat pour un gouvernement ouvert, je participerai à une table ronde avec Claire Legros, Yann Moulier Boutang et Bernard Stiegler sur les Communs numériques.

Les Communs, c'est un terme en vogue, avec tous les risques qui s'attachent aux buzzwords dans notre société de communication. J'y avais consacré un petit travail avec Charles Murciano, que j'ai présenté sur ce blog au début de l'année. C'est aussi un terme qui fait peur à ceux qui ne le comprennent pas, les uns craignant que tout cela ne conduisent à une sorte de nationalisation du numérique, les autres craignant que cela ne remette en cause le droit d'auteur, d'autres ne comprenant tout simplement pas pourquoi il faudrait ainsi créer de nouvelles catégories juridiques.

Dans l'ordre de l'opérationnel, pourtant, les choses sont assez claires. L'histoire est ancienne, mais elle est encore plus nette en matière de numérique. Il existe des ressources qui ne sont pas publiques, et qui ne sont pas non plus privées. elles sont produites en commun par un certain nombre de personnes, qui, en retour, les exploitent en commun. Souvent, ces contributeurs définissent des règles, des licences, des conditions d'utilisation qui représentent la constitution de ce commun. Un exemple assez connu de chacun d'entre nous est tout simplement Wikipédia.

lundi, décembre 05, 2016

Démocratie cybernétique

Jeudi prochain, dans le cadre du sommet mondial de l'OGP, se tiendra une "nuit des débats" de la démocratie, qui commencera par un "tribunal pour les générations futures" organisé par l'équipe d'Usbek et Rica, qui se poursuivra par une nuit de pitches et de tables rondes animée par l'ami Julien Letailleur, avec des interventions de Pablo Soto, Cynthia Fleury, Primavera de Filippi, Regards citoyens, Tanja Aitamurto, ou encore François Taddéi et bien d'autres, et se poursuivra dans tout Paris : au Lieu d’Accueil Innovant Espoir18, chez Superpublic , au Schoolab, au Numa, chez Make.org, au SenseSpace ou encore à l’Otherspace. Vous ne pourrez pas tout voir, c'est sûr. C'est le principe. La révolution ne sera pas télévisée...

Pour ma part, j'aurai le plaisir et l'honneur de dialoguer, après le premier round de pitches, avec Joël de Rosnay. Je ne sais pas si tous les activistes du renouveau démocratique et toutes les civic Tech savent tout ce qu'ils doivent à Joël de Rosnay. Je ne parle pas seulement de l'introduction en France du surf ni de la naissance de la Cité des sciences. Je pense à ses travaux, à son humanisme technophile, à sa pensée des organisations humaines et aussi à son attention subtile et bienveillante aux idées et aux personnes. Je cherche à comprendre, les codes cachés de la nature, son dernier livre, en témoigne à nouveau.

dimanche, décembre 04, 2016

La donnée au service de la croissance


Cette semaine, au cours du Sommet mondial de l'Open government partnership, qui se tient à Paris, je participerai avec Nigel Shadboldt à la session, organisée par l'Open data Institute, jeudi, consacrée aux conclusions du travail franco-britannique que nous avons mené pendant un an sur la donnée au service de la croissance*.

Certes, ce n'est que l'un des 350 événements, ateliers et projets du programme du sommet, mais, si vous avez eu la chance de réussir à vous inscrire, venez, vous y verrez le reste : open data, engagement citoyen, transparence, concertation, contribution, biens communs numériques, développement durable, démocratie participative, concertation citoyenne, redevabilité des algorithmes, et j'en passe... Le tout dans un vaste forum rassemblant plus de 4000 délégués issus de 135 pays, 50 ministres, 15 chefs d'Etat et de gouvernement, et quelques centaines d'ONG.
Un événement parmi tant d'autres, certes, mais qui résulte d'un an d'échanges passionnants. Le rapport, assez court, est en ligne (ici et ici pour les propositions d'action). Ce que je voudrais partager ici, c'est la vision stratégique qui a été la nôtre.

Le constat de départ est simple : le passage d’une économie de la rareté de la donnée à une économie de l’abondance entraîne un changement complet des règles du jeu économique et politique. On l'a déjà vu dans l'histoire, quand l'humanité a appris à maîtriser l'agriculture, l'imprimerie, l'énergie. Chacune de ces grandes étapes a été un changement complet des règles du jeu économiques, sociales, politiques. Or, nous en sommes convaincus, nous assistons désormais à une transformation de même ampleur avec les données. Notre économie et notre société ont été fondées sur le fait qu'elles étaient rares et chères à produire ou à consommer. Elles sont désormais surabondantes, produites par d'innombrables capteurs, par des milliards de terminaux mobiles, par la dématérialisation des quasi gratuites et nous baignons en permanence dans leurs flux continus.

Face à une telle transformation, toutes nos règles d'action changent. Les entreprises l'ont rapidement appris à leurs dépens, qui ont vu naître de nouveaux monopoles de l'intermédiation, des plateformes comme Uber ou AirBnB, de nouveaux services innombrables. Le politique doit à son tour apprendre à regarder cette situation en face. Elle appelle en effet une reconception rapide de bien des évidences quant à la manière d'agir au service de (et avec) l'économie et de la société.

mercredi, novembre 02, 2016

Pourquoi Le.Taxi, c'est important

Au début du mois dernier, Alain Vidalies, Secrétaire d'Etat aux transports a officiellement inauguré la plateforme Le.Taxi en commandant un taxi qui est arrivé en deux minutes.

Le.Taxi, c'est la plateforme que prévoyait la loi taxis du 1 octobre 2014 en instaurant un registre national de géolocalisation des taxis ("Il est institué un registre national recensant les informations relatives à l'identification, à la disponibilité et à la géolocalisation des taxis. Ce registre, dénommé : “registre de disponibilité des taxis”, a pour finalité d'améliorer l'accès aux taxis par leurs clients en favorisant le développement de services innovants. Il est soumis à la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés.")
Développé en mode "startup d'Etat" par une petite équipe agile coachée par l'incubateur de services numériques de la DINSIC, Le.taxi c'est désormais une plateforme sur laquelle s'inscrivent librement les taxis qui acceptent d'être géolocalisés, de recevoir des courses et d'être évalués par leurs utilisateurs (plusieurs milliers de chauffeurs volontaires à l'issue de la phase de tests). C'est ensuite une API de consultation de ces données réservée aux opérateurs agréés c'est-à-dire à tous ceux qui peuvent justifier d'un apport d'affaires aux taxis. Et ce sont surtout déjà une trentaine d'applications disponibles sur le web ou dans les AppStores Google ou Androïd.
Un projet rapidement mené grâce à l'opiniâtreté du coach Pierre Pezziardi, à l'obstination du "Product Owner" André Dorso et des deux développeurs, Vincent Bataille et Vincent Lara.
L'ensemble est un projet léger (250.000 euros d'investissement incluant les salaires des développeurs, 500.000 euros de dépenses annuelles prévues en fonctionnement stabilisé) et extrêmement prometteur. Il ouvre en effet un cycle d'innovation qui concernera, à court termes, de nombreuses entreprises du secteur du transport ou de l'hotellerie, mais pourquoi pas aussi de nombreux services web, du mobilier urbain, et tant d'autres innovations que nous ne connaissons pas encore.

C'est une expérimentation, et j'espère une étape, extrêmement importante de la construction de l'Etat plateforme, qui mérite quelques commentaires supplémentaires.

mercredi, septembre 21, 2016

Ouvrir la politique

Ce mardi 21 septembre, à New-York,  la présidence française du Partenariat pour un gouvernement ouvert a débuté avec le discours inaugural du Président de la République.

Et aujourd'hui même, à l'instigation de l'équipe d'Etalab, se déroule au Civic Hall de New York un hackathon sur "la boîte à outil de la démocratie". Il prend place dans une séquence de rencontres comme celles qu'organise régulièrement le collectif OpenDemocracyNow en France (notamment le week-end dernier) et qui culminera par une session internationale à Paris en décembre au cours du sommet mondial qui réunira les représentants de 70 pays et d'un millier d'ONG composant l'OGP.

Le programme du sommet vient d'être dévoilé. Après examen ouvert de plus de 770  propositions émanant du monde entier, il réunira près de 150 ateliers et événements, à Paris, pendant trois jours.

Ce travail sur l' "open government" est un engagement de long terme, qui prend place au coeur de la modernisation de l'Etat et de sa transformation numérique.

Qu'est-ce que le gouvernement ouvert ? Si vous interrogez les nombreux membres de l'OGP, vous aurez autant de réponses que de pays et de situations locales.
En cherchant le dénominateur commun de toutes leurs réponses, vous trouverez probablement le triptyque : transparenceconcertation et contribution.