Mon Superhéros

Chers amis,

Je me fais un peu rare sur ce blog, mais il faut dire qu'avec l'ami Nicolas Colin nous mettons la dernière main à un livre d'économie et de stratégie numérique. On en reparlera bientôt.

Comme les fracas de la campagne électorale nous parviennent quand même un peu, j'ai eu soudainement envie de vous parler du candidat de mes rêves. Celui qu'on ne verra pas cette année, parce que le climat est lourd, que les uns jouent la stratégie du choc et que les autres ont besoin, du coup, de rassurer. Et que la campagne manque donc un peu d'idées folles.

Mon superhéros garde sous le coude de puissantes cartouches numériques qu'il abattra prochainement : 
  • réindustrialisation sous-tendue par les technologies numériques
  • fusion des énergies renouvelables et des réseaux numériques
  • reconfiguration numérique de la salle de classe
  • transformation numérique du système de santé
  • "gouvernement ouvert" 
Il annoncera bientôt un plan sur  10 ans pour décarboner la France (qu'il a élaboré avec Jeremy Rifkin).

Il attend la dernière ligne droite de la campagne pour rendre public son programme pour l'éducation numérique qu'il a préparé, dans le plus grand secret, avec Sugata Mitra.

Les libertés numériques sont-elles des libertés comme les autres ?


Voici la contribution que j'ai apportée au numéro spécial sur "Les Penseurs de la liberté" du Magazine littéraire qui paraîtra ce samedi. Je vous recommande d'acheter l'ensemble, coordonné par Frédéric Martel, et absolument passionnant.
L'ampleur et l'importance du sujet, ainsi que l'exigence de concision m'ont contraint à produire un gros effort de synthèse et à rester généraliste. On ne parle pas ici de SOPA ou autre... Chaque paragraphe pourrait faire l'objet d'un blogpost à lui seul. Mais je ne doute pas que vos commentaires vont développer cette introduction.
A vous lire, donc.



Une Révolution politique
Internet est d’abord un projet politique. Tout comme l’informatique individuelle. Il fallait être l’un de ces activistes typiques de la Silicon Valley des années 70, au carrefour des hippies et des militaires, pour décréter que l’informatique étant un média, il fallait la rendre au peuple. Et pour ouvrir à tous un réseau comme Internet.
Quarante ans plus tard, un tiers des Humains possèdent chacun l’équivalent des supercalculateurs d’alors, et échangent librement grâce à ce réseau ouvert et relativement décentralisé. Jamais les individus, les organisations, et les gouvernements n’avaient eu accès à un tel pouvoir d’expression et d’action. Jamais ils n’avaient revendiqué une telle liberté créative. Jamais ils n’avaient remis en cause tant d’équilibres. Jamais non plus il n’avait fallu réinventer aussi rapidement des règles de police, de politesse ou de régulation économique.

Une plateforme d’innovations radicales
Le numérique est marqué par cette origine libertaire. En témoigne l’importance de l’esprit hacker, fondé sur la passion au travail, la recherche de l’indépendance et le goût de la coopération (voir Pekka Himanen The Hacker Ethic and the Spirit of the Information Age). Cette attitude s’étend même désormais au développement d’objets open source, copiables, modifiables et « bricolables » (utilisant même des langages spécifiques, comme Arduino), ou encore l’importance croissante du mouvement « Do it yourself », qu’illustre la multiplication des FabLabs, organisations portant un projet d’émancipation face à la technologie à la fois technique, pédagogique et politique.
Cet état d’esprit devient politique quand il enjoint de « programmer ou d’être programmé ». Il a présidé à l’invention des grands réseaux d’échange pair à pair, qui ébranlent l’industrie musicale (mais ouvrent des univers de coopérations possibles). Il préside au combat des Anonymous, collectif auto-organisé engagé aussi bien dans la lutte contre les monopoles, que dans les printemps arabes ou la lutte contre les narcotrafiquants. Il inspire Wikileaks, qui entend protéger les donneurs d’alerte en diffusant massivement des documents confidentiels, et n’est pas sans poser de nombreuses questions éthiques et politiques, concernant tant ses pratiques que celles de ses adversaires.
(...)

Le crowdfunding va-t-il sauver l'économie américaine ?

La communauté économique américaine s'intéresse beaucoup, ces jours-ci, à une nouvelle initiative de l'administration Obama : le Crowdfunding Bill.

Ce texte, qui est déjà passé à la chambre des représentants, et attend la discussion au Sénat, modifie la loi sur l'accès au capital des entrepreneurs. Vous pouvez trouver la version votée le mois dernier ici-même.

L'objectif du texte est simple : faciliter la levée de fonds des startups en assouplissant considérablement la possibilité de recourir aux petites sommes versées par des particuliers, jusqu'à concurrence de 2 millions de dollars. En deçà de ce plafond, les contrôles de la SEC, si drastiques en cas d'introduction en bourse et interdisant quasiment de procéder à des levées de fonds via les réseaux sociaux, sont considérablement assouplis. Il suscite d'ores et déjà d'intéressants débats sur sa portée et ses conséquences.

La vogue du crowdfunding

Le crowdfunding (littéralement "financement par la foule") est une idée assez naturelle pour les enfants des réseaux sociaux et du web 2.0.

A dire vrai, la tradition est plus ancienne. Faire financer son film ou son livre par souscription ou par appel à l'investissement des particuliers n'est pas une idée si iconoclaste qu'on l'imagine. A bien y regarder, on trouve même dans l'histoire taurine espagnole une longue tradition de penas de villages finançant le premier habit de lumière, et les services d'un apoderado, pour aider au démarrage de la carrière d'un jeune talent prometteur.

Grand Paris : 10.000 startups ?

Les Echos de la semaine dernière consacraient un dossier à "la compétition pour créer une Silicon Valley européenne".

Hélas, ce papier, comme tant d'autres, accumule une fois encore les contresens.

D'abord, parce qu'il se fait le relai complaisant de la communication de la Tech City de Londres. Certes, avec la débâcle de la finance, qui pesait un tel poids dans son économie, Londres semble se lancer avec force dans la bataille de l'attractivité. Certes, Londres revendique 600 jeunes entreprises de technologie, s'essaye à un festival grand public, profite de son homogénéité linguistique avec les Etats-Unis et revendique auprès des Américains le rôle de porte d'entrée vers les marchés européens (ce qui prouve une fois encore que les subtilités de la géographie internationale échappent parfois à nos amis d'outre-Atlantique).

Ensuite, parce que cet article semble résumer la vitalité française aux statuts fiscaux des JEI et des bénéficiaires du CIR, et au dantesque projet du pôle technologique de Saclay.

Enfin parce qu'on assiste toujours au même contresens sur ce qu'est la Silicon Valley : combien de fois faudra-t-il dire que la Valley est tout sauf une technopole. Etendue sur plus de 80 km, avec de grandes villes (San Francisco, San José), de grands campus à fortes personnalités (UNC, Berkeley, Stanford), des villages, des zones urbaines), avec de nombreux écosystèmes enchevêtrés. Et déjà une longue histoire appuyée sur les particularités économiques et culturelles de la région. Rien à voir avec ces gestes colbertistes dont on nous rebat les oreilles...

Seule bonne note, le journal semble avoir repéré la vitalité de métropoles ascendantes comme Stockholm ou Berlin, où, effectivement il se passe quelque chose.

Quand donc est-ce que les responsables politiques et administratifs, quand donc est-ce que les journalistes laisseront tomber leurs oeillères et regarderont la situation comme elle est ?

Hervé Rannou : Smart grids, la "révolution internet" de l'énergie (billet invité)

Hervé Rannou, le fondateur d'Items International, a accepté de partager avec nous son enthousiasme pour les nouvelles perspectives qui s'ouvrent avec l'irruption des nouvelles technologies dans les marchés de l'énergie. Je l'en remercie.


Les Réseaux Intelligents d’Energie (Smart Grids) font partie de ces sujets qui semblent devoir être rangés dans la case « Technologies », bien loin des préoccupations politiques ou stratégiques.

C’est peut être au contraire l’un des véritables sujets des prochaines années tant son impact va être majeur pour les acteurs du secteur de l’énergie électrique tout comme pour ceux du secteur du numérique. Il va aussi toucher les collectivités et les citoyens. Il va enfin accompagner de manière indissociable le développement et la maîtrise des nouvelles énergies.

Quelques repères permettent de se faire une idée plus précise de ces différents points :

1- Définition : Les Réseaux Intelligents (ou Smart Grids) font référence à l’ensemble des technologies numériques (Informatique et télécoms) utilisées pour optimiser le fonctionnement des réseaux électriques. On différencie les Smart Grids 1) « amont » qui concernent la production, le transport et en partie la distribution, 2) « aval » sur la partie qui concerne les compteurs intelligents allant des services au consommateurs jusqu’à la le traitement des données qui permet de gérer les besoins en production et transport.

2- Intégration des énergies renouvelables. Parce que les énergies renouvelables sont intermittentes (également qualifiées de « fatales »), elles mettent en risque la stabilité du réseau. C’est la raison pour laquelle un plafond a été fixé à 30% comme limite à tout endroit du réseau de transport de ne pas dépasser. Les Réseaux intelligents « Amont » constituent un élément incontournable de l’évolution des réseaux électriques afin de dépasser cette limite.

3- Réduction des pertes. On estime qu’autour de 10 % de l’énergie électrique est perdue dans les réseaux du fait d’une non-optimisation de l’ensemble des ressources et leur insuffisante coordination. Les Smart Grids constituent également le moyen d’optimiser ces ressources.