mardi, avril 26, 2011

Rapport moral 2010 à l'Assemblée générale de Cap Digital


Chers amis

Bonjour à tous, et particulièrement aux nouveaux adhérents qui nous ont rejoint, particulièrement nombreux cette année encore

Il me revient de vous présenter le rapport moral de l’exercice 2010, qui synthétise le rapport d’activité et le rapport de gestion de l’exercice 2010, tous deux disponibles sur le site de Cap Digital.

Je voudrais tout d’abord rappeler que, si Cap Digital est né d’une initiative de l’Etat, il est avant tout lune association d’entreprises – grandes et petites -, souvent concurrentes, d’établissements publics et de collectivités locales qui travaillent au succès des entrepreneurs et créateurs du numérique en Ile de France.


C’est pourquoi je voudrais commencer ce rapport moral en me félicitant de certains de vos succès. Non pas pour donner je ne sais quel prix, mais pour rappeler ce pourquoi nous nous battons et ce qu’il est possible de faire ici. Je me réjouis par exemple :
- du succès du film d’animation « Moi, moche et méchant » entièrement développé par la société Mac Guff, membre d’un des premiers grands projets du pôle, le projet HD3D. C’est la première fois qu’Universal sous-traite entièrement un long métrage hors des US, et il a été 10 semaines en tête du box office aux Etats-Unis ;
- des récents succès Quantic Dream, qui vient de remporter trois BAFTA grâce à Heavy Rain, avec, là encore, des technologies issues de projets de R&D soutenus par Cap Digital ;
- des créations répétées de Parrot, qui après le succès du ARdrone vient de lancer Dia (cadre photo, développé avec Nodesign) et Asteroïd (autoradio connecté à Internet)
- des succès commerciaux internationaux d’Aldebaran, qui vend désormais ses robots au Japon comme aux US ;
- de la très forte croissance de Dailymotion, désormais 32e site mondial ;
- des belles levées de fonds de KTM advance, MXP4 et de beaucoup d’autres ;
- du million d’utilisateurs de covoiturage.fr ;
- quant à Mikkros, je ne sais pas si je dois les féliciter pour leur récent César pour Logorama, qui fait suite à l’Oscar 2010 dont nous nous félicitions l’année dernière.

Si j’ai oublié quelqu’un, c'est de votre faute. Pensez à m’avertir de vos succès, car je suis souvent sollicité pour en parler.
Je note en passant que les hypothèses qui ont prévalu à la création de Cap Digital se confirment chaque jour. Les contenus et les services numériques sont le moteur de la croissance française. MacKisey vient de nous rappeler qu’Internet à lui seul est responsable de 25% des créations nettes d’emplois en France depuis 15 ans. Nous savons bien, ici, que le numérique déborde largement Internet et qu’il est désormais le matériau avec lequel nous construisons presque toutes nos innovations.



Vie de l’association

L’association Cap Digital a poursuivi son développement en 2010, avec notamment 123 nouvelles adhésions, dont beaucoup de projets très mûrs A ceux de ces nouveaux adhérents qui sont là aujourd’hui, je souhaite la bienvenue.
36 adhérents ont notifié leur départ (12 étaient en liquidation ou en difficultés financières, 24 ont demandé à ne plus adhérer car n’ayant pas d’activité au sein du pôle). Un nombre important d’autres adhérents n’étaient pas à jour de cotisation à la clôture des comptes, ce qui est toujours gênant. Je dois vous rappeler que les financements qui nous sont accordés par les pouvoirs publics sont assis sur nos cotisations, et que nous en avons grand besoin.
Le total des adhérents s’élève désormais à environ 650 : 580 PME, 20 grandes entreprises, 50 établissements publics.

Plus important encore, quasiment tous les adhérents ont bénéficié au moins d’un projet de recherche, d’un programme du think tank, d’un accompagnement personnalisé ou d’un programme à l’international. Près des 2/3 des membres participent aux projets labellisés par le pôle et financés.

Pour gérer cette croissance importante, la délégation générale, désormais forte de près de 20 personnes, a continué à se structurer autour de grandes activités : les projets de R&D (notons l’arrivée de Christelle Ayache), la gestion des communautés et la stratégie des domaines, le développement des PME et l’international (Carlos Cunha dirige cette activité depuis mi 2010), le programme Think Digital, les événements et la communication, sans oublier l’administratif et le financier (Jean Fagot ayant rejoint l’équipe également mi-2010). En fin d’année, l’équipe Futur en Seine a également commencé à se constituer.

Mais surtout, nous avons pu compter sur votre engagement très intense, et j’ai ainsi pu constater avec plaisir l’excellent redémarrage des commissions techniques et des communautés de domaines, dont l’activité est bien le signe du dynamisme de l’association.

L’année 2010 a également vu l’évolution de nos statuts avec la création du collège ouvert aux investisseurs en capital (déjà 9 adhérents qui vont choisir leurs représentants au CA le 26 avril prochain – ce qui n’est pas étonnant pour un pôle qui compte à lui seul 14 % des jeunes entreprises de moins de 5 ans des 70 pôles français), l’augmentation du nombre d’élus au Conseil d’administration, et l’augmentation du nombre de représentants aux Bureau Exécutif, ceci afin de tenir compte de l’augmentation du nombre d’adhérents et assurer une meilleure représentativité en particulier des PME.

Soutien à la recherche et au développement

En 2010, Cap Digital a continué à défendre les projets de ses adhérents devant nos guichets traditionnels de financement (FUI, Feder, ANR, OSEO). L’année 2009 avait été marquée par un fort accroissement lié aux appels en relation avec le plan de relance. L’année 2010 a retrouvé un rythme d’appels identique à celui de 2008, mais a vu plus de projets soumis (254 vs 213) pour un nombre de projets financés quasi identique (57 vs 58) et un montant total en légère augmentation.






2007
2008
2009
2010
Nombre de projets reçus
109
213
427
254
Nombre de projets labellisés
53
76
225
94
Nombre de projets financés
40
58
119
57
Montant des aides publiques
49M€
48,8 M€
80,8 M€
51,1 M€



En fin d’année 2010 l’équipe du pôle s’est également organisée pour vous aider à préparer les réponses aux appels Investissement d’avenir de 2011. Et nous avons reçu au premier trimestre de cette année plus de 80 projets à expertiser. Vous pouvez compter sur cette équipe pour vous aider à défendre ces projets.
Ces montants placent à nouveau Cap Digital parmi les tous premiers pôles français, ce dont nous nous réjouissons. La part des PME dans ces succès est toujours très importante puisque 93 PME différentes étaient engagées dans des 57 projets labellisés et financés de 2010.

2010 a également vu la fin de la première étape de la plate-forme THD, qui a permis de tester 29 projets en 2 ans. Son utilité démontrée, qui a inspiré la conception de notre IRT, nous pousse à la pérenniser et à développer plus largement le concept pour les services en ligne sur fibre et sur mobiles.

Il faut souligner et saluer l’énorme travail de la délégation, des commissions techniques et des experts. Non seulement chaque projet reçu a été examiné par deux experts, mais leur travail est allé de l’accueil amont des porteurs de projet, jusqu’à l’accompagnement à la conception, la labellisation puis le soutien des projets en recherche de financement.

Soutien aux programmes européens

Cap Digital est d’ores et déjà le premier cluster européen pour les domaines des contenus et des services numériques. Nous avons développé un réseau de partenaires européens qui nous permet de nous faire entendre de la Commission (European Digital Think Tank) de mieux faire connaitre l’importance économique de nos domaines, de développer l’image d’innovation de la région parisienne, de bénéficier d’aides européennes et de vous aider à construire vos projets européens.
En 2010, ce sont 13 PME aidée par Cap Digital qui sont entré dans des projets européens. Cap Digital est lui-même impliqué dans 3 projets ayant pour objet le développement de notre écosystème au niveau européen.

Relations internationales

L’année 2010, nous a permis de conduire 8 missions à l’International regroupant 116 PME.

Nous sommes très heureux d’avoir accompagné l’Institut Telecom, en mettant en place un ambassadeur du pôle dans la Silicon Valley, pour soutenir l’ouverture du « hub » capable d’accueillir les entreprises françaises souhaitant s’impliquer dans cet écosystème. Quatre entreprises de Cap Digital y ont déjà ouvert des bureaux, ce dont nous nous réjouissons…
2010 a également été l’occasion de monter des éditions internationales de Futur en Seine en Corée, en Chine et surtout au Japon, ce dont nous nous réjouissons beaucoup. Ces Futur en Seine on tour ont frappé les esprits, tant par la qualité des projets montrés que par l’énergie et la cohésion de notre délégation.
Nos amis Japonais, malgré les terribles événements qui frappent leur pays, nous ont confirmé leur participation au prochain Futur en Seine, dont ils seront en quelque sorte les invités d’honneur.

Développement des services aux adhérents dans le cadre du plan filière régional

Le financement de la R&D collaborative n’est que l’un des axes de l’action de Cap Digital. En 2010, toutes les actions liées au plan filière régional ont connu une forte progression :
- l’accompagnement des PME en recherche de financement ou de soutien, grâce à de nouveaux dispositifs qui semblent très efficaces.
- L’organisation de nombreuses missions à l’international en vue de créer des partenariats technologiques ou de développer des actions commerciales
- Le programme Think Tank et les actions de réflexion et de veille associées qui a mobilisé plus de 900 personnes et reçu de nombreuses personnalités.
- Le lancement du site Digitalents et la structuration de services RH qui sont mis en place en 2011.

Animation de l’écosystème

En 2010, Cap Digital a participé, organisé, co-organisé ou été partenaire de plus de 50 événements dont 36 en France et une quinzaine à l’international. On peut notamment citer Open World Forum (avec Systematic) qui a pris rang d’événement international du libre ; les Assises nationales de l’éducation numérique, initiative du pôle qui sera réitérée à l’automne prochain ; les entretiens du nouveau monde industriel, dont le succès ne se dément pas ; ou Paris Fx
Nous avons continué à travailler en partenariat avec les associations de notre écosystème, qui sont engagées comme nous dans ce qui ressemble de plus en plus à une magnifique aventure collective.

Budget

Du point de vue de la gestion du pôle, l’année 2010 s’est traduite par un accroissement de ses activités (hors manifestation de Futur en Seine), avec un budget sensiblement équivalent à celui de 2009 qui était l’année de l’organisation du premier Futur en Seine.
Un rapport de gestion complet est disponible en ligne et va vous être brièvement présenté tout à l’heure.
Je voudrais juste en souligner que le budget 2010, d’environ 4,5 millions d’euros, est en quasi équilibre, avec un résultat net après impôts positif de 31 258 €.  
La faiblesse des capitaux propres et les délais de versement liés aux subventions et cotisations ont entraîné une trésorerie négative tout au long de l’année 2010. Ce problème structurel apparu en 2009 est toujours d’actualité même si OSEO a accepté d’apporter une garantie bancaire afin de fiabiliser nos lignes de crédits. La constitution de capitaux propres devra trouver une solution si nous souhaitons continuer à développer les actions du pôle.

Quelques Rendez-vous pour 2011

Avant de conclure ce rapport moral, je voudrais dire quelques mots de trois dossiers importants pour ce nouvel exercice :


1- L'IRT



Comme nous l’avions annoncé il y a un an, Cap Digital s’est très fortement engagé dans la conception d’un Institut de Recherche Technologique appelé Institut de la Vie Numérique.
Ce projet est désormais très abouti et a permis une intense réflexion stratégique sur les besoins de l’économie numérique. Il consiste à ressembler, sur trois sites largement ouverts aux PME, des forces de recherche privées et publiques sur les sujets clés de la transformation numérique (big data, interfaces, technologies pour l’autonomie). Il permettra d’organiser un copilotage de cette recherche par les PME et entreprises de services. Il prévoie également de soutenir des équipements permettant les tests rapides des innovations auprès du grand public.
Il a trente membres fondateurs dont les plus prestigieux partenaires académiques, de nombreuses PME et associations de PME, mais aussi des entreprises de contenu et de service peu habituées à s’engager dans la R&D amont. Nous les en remercions.

L’Institut de la Vie numérique est un beau projet. Nous pensons avoir réellement défini une stratégie pour augmenter encore la vitesse, la puissance et l’efficacité de nos entreprises, des PME et des industries de service. Je ne sais pas si le jury nous soutiendra. A l’heure où je vous parle, je ne sais même pas s’il y aura un IRT sur les TIC. Mais je peux vous dire que ce projet, nous le mènerons.

2- Futur en Seine

Du 17 au 26 juin prochain, nous aurons la deuxième édition de Futur en Seine. En nous appuyant sur l’expérience acquise en 2009, nous espérons faire une manifestation encore plus débordante d’énergie, et encore plus lisible pour le public.

Je voudrais rappeler que si nous avons lancé cette manifestation, c’est pour travailler le développement économique de notre industrie. Nous avons en effet trois convictions qui appellent un tel événement :
-   le numérique marque le début d’un changement économique et social global. C’est à ce niveau là qu’il faut le penser et le travailler ;
-   la seule puissance industrielle durable, c’est la puissance des écosystèmes ;
-   c’est la relation aux publics, la vitesse d’accès au public et la cocréation avec les publics qui crée la valeur dans l’économie numérique.
C’est pour cela que nous avons besoin de notre événement populaire, grand public, festif, gratuit, prospectif et surtout ultra-créatif.

Avec 25 prototypes du Futur, un village des innovations accueillant 10 délégations étrangères, un programme de conférences internationales impressionnant, je suis certain que nous réussirons.
Je voudrais d’ailleurs remercier ici l’équipe qui a porté ce projet depuis l’été dernier : Stéphane Distinguin, président de cette édition, Andrew Bullen, Vice-Président, Et le commissariat général, notamment Stéphane Singier, commissaire général, Juliette Donnadieu, Gaëlle Couraud et Pierre-Alexis Tilly.
Je crois aussi que nous devrons réfléchir, dès la fin de cette édition, à l’opportunité de la transformer en manifestation annuelle, afin de l’installer réellement comme un rendez-vous incontournable de la planète numérique. Je me réjouis de ce fait que la Région poursuive son soutien et que nous puissions lancer, dans les semaines qui viennent, l’appel à projets prototypes pour l’édition suivante de Futur en Seine.

3- Préparation d’une stratégie 2015

Enfin, l’année 2012 doit être l’année d’un nouveau contrat triannuel de pôles, et d’un nouveau plan filière avec la Région.
Comme nous l’avions fait en 2008, je crois qu’il est important de saisir cette occasion pour organiser un véritable travail collectif d’élaboration stratégique comme nous l’avions fait en 2008.
Ce travail, que nous mènerons de manière extrêmement collective, comme la dernière fois, devra nous permettre, je l’espère, de mieux définir l’identité de ce que nous faisons ici, ensemble.

En effet, tous les échanges qui se mènent dans Cap Digital, les rencontres internationales et les discussions avec les pouvoirs publics m’ont donné la conviction qu’il est en train de naître ici, dans la métropole parisienne, plus qu’un cluster numérique parmi d’autres. Il se dessine une véritable approche française du numérique, enrichie de design, d’urbanisme, de sens des rapports sociaux, de réflexion sur la qualité de vie. Une approche originale, et porteuse de valeurs universelles. Nous devons la définir, l’incarner et la promouvoir.

Enfin, je crois que nous pouvons, au vu de tous ces éléments, et de tous les autres que vous trouverez dans le rapport d’activité, féliciter toute notre équipe de délégation générale. Autour de Patrick Cocquet, de ses délégués généraux adjoints : Philippe Roy, Françoise Colaïtis et Carlos Cunha, autour de Gaëlle Couraud à la communication, de Jean-Baptiste Soufron à la tête du Think Tank, il y a des piliers du pôle et de nombreux jeunes qui apportent leur énergie et leur enthousiasme. C’est une équipe qui ne ménage ni son temps ni son talent, et qui, sincèrement, devient de plus en plus une force sur laquelle on peut compter.

C’est pourquoi, en votre nom à tous, je voudrais leur dire : merci.

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