vendredi, mai 04, 2012

Rapport moral au Conseil d'administration de Cap Digital, pour l'exercice 2011

J'ai présenté hier, à l'Assemblée générale de Cap Digital, le rapport moral pour l'exercice 2011. Comme cela devient une habitude, je suis fier et heureux de partager ces éléments avec mes lecteurs et amis...


Chers amis

Je suis très heureux de vous retrouver pour ce qui est mon quatrième rapport moral à l’Assemblée générale.
Je salue notamment les nouveaux adhérents qui nous ont rejoint cette année.
Je vais vous présenter mon rapport moral qui s’inspire du rapport de gestion et du rapport d’activité, tous deux disponibles sur le site de Cap Digital.

Notre association travaille au rayonnement et à la compétitivité des industries de contenus et de services numériques en Ile de France. Sa force tient au talent de ses adhérents, chercheurs ou entrepreneurs, grandes entreprises ou investisseurs. C’est pourquoi nous aimons commencer nos rencontres avec quelques exemples choisis parmi les nombreux succès de nos adhérents ou des membres de notre écosystème.

Cette année, nous pouvons ainsi nous réjouir, parmi de nombreux exemples :
-   du prix de la meilleure innovation au CES de Las Vegas, remporté par la société Invoxia (créée par Eric Carreel, par ailleurs fondateur de Withings et de Sculpteo).
-   du grand succès des tablettes tactiles d’Archos, que nous avions fortement soutenu
-   de la relocalisation d’une chaîne de production de tablettes par la société Unowhy
-   du titre de meilleure école au monde pour le Design concept décerné par le RedDot de Singapour à l’ENSCI-Les Ateliers
-   de l’achat, par la Mairie de San Francisco, de la solution de crowdsourcing BlueEyes de FaberNovel
-   des déclinaisons au Japon et au Brésil du prototype Unlimited cities de UFO, présenté à Futur en Seine 2011
-   de l'acquisition par Dassault Systèmes de deux fleurons de notre écosystème, Exalead et Netvibes, tandis que Dailymotion était acquis par Orange, ce qui montre la possibilité pour nos technologies de trouver des débouchés en France, chez un leader mondial.
-   de plusieurs belles levées de fonds : soit de la part de jeunes sociétés très proches de Cap Digital, comme SimpleIT, Weezevent ou Ubikod, soit d’acteurs plus confirmés comme Aldebaran ou MacGuff, qui a créé une branche spécialement dédiée à Universal, laquelle a deux longs métrages en préparation, 'The Lorax' et 'Moi, moche et méchant II'"
-   de la croissance fulgurante de Criteo, qui devrait réussir une belle entrée en bourse dans les mois à venir
-   de la montée de JP Morgan au capital de Technicolor, annoncée aujourd’hui même.

Nous sommes membres d’une communauté vivante et ambitieuse, et j’espère que Cap Digital y contribue. Plus que tout, je me réjouis de sentir, dans notre association, une sorte d’enthousiasme pour ces succès, qui sont perçus à la fois comme des preuves de notre niveau international et comme des exemples à suivre et à dépasser.


Vie de l’association

En 2011, Cap Digital a continué à croître, avec notamment 130 nouvelles adhésions, dont beaucoup de jeunes entreprises très innovantes, mais aussi des partenaires prometteurs : Archos, Canal +, Cisco, Digitas ou Ogilvy A ceux de ces nouveaux adhérents qui sont là aujourd’hui, je souhaite la bienvenue.

Un gros travail de relance de paiement des cotisations a conduit à rayer de notre liste d’adhérents 89 structures dont 15 pour cessation d’activité, 74 ne souhaitant plus poursuivre ayant trop peu d’interactions avec le pôle (manque de temps, projets non financés, redéfinition d’activité,…). Il faudra évidemment interroger ce “churn”, même si le but du pôle est avant tout de construire une communauté de travail et non pas de grandir infiniment en quantité.

Au 31 mars 2012, Cap Digital avait donc 589 adhérents à jour de leur cotisation 2011, et un total de 711 adhérents enregistrés fin 2011. Nous nous efforçons que cette augmentation ne nous transforme pas pour autant en association d’adhérents passifs. La communauté Cap Digital a tenu en 2011 2 AG, 2 Rencontres, 7 CA, 13 BE, 77 réunions de communautés...  Et plus de 170 réunions / ateliers. Ces engagements bénévoles sont l’essence même du pôle.

Le bilan ainsi que le compte de résultat de l’association pour l’année 2011 sont présentés dans le rapport de gestion disponible sur le site. le rapport financier va vous être présenté par notre trésorier, Olivier Muron. Je souligne juste que le résultat net 2011 est en quasi équilibre à -17.752 € pour un produit d’exploitation de plus de 5,2 M€ en augmentation de 12% sur un an compte tenu de Futur en Seine. Je crois que nous pouvons en féliciter Patrick Cocquet et toute son équipe.

Ce résultat correspond à une gestion financière assez complexe et regrettablement coûteuse, le mécanisme des subventions qui sont indexées sur des dépenses effectives correspondant aux budgets déclarés en début d’année dans nos conventions, ne nous permettant pas beaucoup de flexibilité.

Une importante enquête de satisfaction a été menée auprès de tous les adhérents. Nous avons pu vérifier que quasiment tous ont bénéficié d’au moins un service du pôle, même si presque personne ne les identifie tous. Ce besoin de gérer la croissance nous a également conduit à lancer le chantier de construction d’un CRM, afin d’améliorer le service à tout adhérent qui nous appelle.

Vous le savez, la délégation générale est structurée autour de grandes activités : les projets de R&D, l’accompagnement des entrepreneurs, l’animation des communautés et de l’écosystème, le développement international. Je vais maintenant vous présenter brièvement le bilan de ces quatre activités.

Soutien à la recherche et au développement

L’année 2011 a été une intense année de construction et de labellisation de projets, car, en plus des 7 ou 8 dispositifs familiers, Cap Digital a accompagné ses adhérents dans leurs démarches vers le Programme des Investissements d’avenir : PSPC, PFMI et appels thématiques (cloud computing, numérisation des contenus culturels scientifiques et éducatifs, éducation numérique, e-santé, ville numérique, etc.).
Cette nouvelle donne a encore entraîné une augmentation considérable travail de l’équipe en charge des projets de R&D. 356 projets (dont 142 « lourds ») ont été examinés cette année, contre 254 (dont 46 « lourds ») en 2010 et 427 (dont 67 « lourds ») en 2009. Je souhaite à ce propos remercier une fois encore l’équipe de Cap Digital, mais aussi tous les experts et les membres des commissions, qui s’engagent bénévolement dans cette tâche essentielle.
Vous trouverez le détail des résultats de ces projets dans le rapport d’activité. Je souligne juste l’intensification de l’accompagnement vers le montage de dossiers européens : 70 PME ont été auditées et 16 ont été accompagnées. Je me réjouis surtout de constater que Cap Digital rencontre un taux de succès de ses projets bien supérieur à la moyenne des différents appels ; qu’il est probablement le premier pôle français en nombre de projets soutenus et sans doute dans les 3 premiers en volume total de soutien.
En résultats agrégés, le montant des subventions obtenues est à la fois le pire et le meilleur de l’histoire du pôle. En effet, une grande partie des montants affectés à vos projets dans le PIA ont été techniquement engagés en 2012. On a donc la série suivante :

Année d’engagement
2008
2009
2010
2011
2012
Montant des aides cumulées
49 millions
81 millions
51 millions
34 millions
64 millions

La ventilation des aides entre PME (51%), GE (11 %) et établissements publics (48 %) reste stable, ce qui répond aux gens qui disent que les pôles de compétitivité ne financent que les grands groupes. Je ne me réjouis par ailleurs pas particulièrement de cette nouvelle, car nous ne construirons pas de puissance durable sans les grands groupes.

Accompagnement des entrepreneurs
Comme vous le savez, Cap Digital est l’un des premiers pôles à avoir déclaré que la compétitivité d’un écosystème ne saurait se limiter à un soutien à la R&D, mais nécessitait aussi un soutien à l’innovation et aux entrepreneurs.
Cette conviction nous a conduit à développer une large gamme de services, la plupart du temps en réseau avec d’autres acteurs de l’écosystème. Et le plan filière financé par l’Etat et la région Ile de France nous a permis de financer cet effort. Vous avez du voir le détail de ces actions, et de leurs responsables, dans le livret des services qui vous a été adressé en avril.

En 2011, plus de 250 PME ont participé aux activités du Think Tank au travers de 6 groupes de travail et de 11 ateliers. 110 représentants de PME ont participé aux ateliers liés aux actions de développement commercial. 95 nouvelles entreprises utilisent le site Digitalents pour diffuser leurs offres d’emploi. 5 missions internationales ont été conduites en vous faisant bénéficier d’une subvention plan filière.

Elément important, nous avons décidé pendant cette période d’accompagner les start up et PME à la levée de fonds. 16 PME ont bénéficié des programmes Digital Diag et Digital Invest. Les liens avec l’ensemble des fonds d’investissements se resserrent ; du business angels en passant par le venture capital et dès aujourd’hui (je peux vous l’annoncer) avec les fonds d’amorçage. Le tout nouveau collège des investisseurs en capital nous apporte énormément dans cette ambition, et je les en remercie.

Un travail particulier a été consenti sur la relation grandes entreprises / PME, avec par exemple :
1/ la mise en place des rencontres PME / Grands comptes ;
2/ l’AACC startup project, accélérateur d’accès au marché monté avec l’Association des agences conseils en communication : 75 candidats, 20 présélectionnés, 10 lauréats incubés dans de prestigieuses agences (TBWA, Ogilvy, DDBO, JWT,…) et un booklet édité pour l’occasion.
3/ Le partenariat avec La Poste Innovation
Et nous aurons d’autres belles annonces en 2012, notamment avec Orange.

Le plan filière des services et contenus numériques est reconduit pour l’année 2012, et nous aurons à renégocier un nouveau plan filière qui prendra place à partir de 2013.

Animation de l’écosystème

Vous le savez, Cap Digital a la conviction que la puissance, le rayonnement et l’attractivité des écosystèmes se travaillent aussi en tant que tels. Nous consacrons donc un effort important à soutenir, à susciter voire à produire les événements qui nous donneront cette force collective.

Cap Digital est donc de plus en plus présent sur le web et les réseaux sociaux, avec plus de 5000 followers sur twitter, 7500 fans sur FaceBook, 1200 membres sur  Linkedin… J’espère que nous saurons améliorer la présentation du site en cette année 2012.

Cap Digital a participé, organisé, co-organisé ou été partenaire de plus de 50 événements en Ile-de-France dont plusieurs ont connu un grand succès comme par exemple :
- lecolloque ANR « Contenus, Interaction et Robotique » avec le concours de la Bourse de commerce et en association avec les pôles Images et Réseaux et Solutions Communicantes Sécurisée, organisé les 11 et 12 janvier 2011,
- Le salonde la plate-forme THD, qui s'est déroulé sur deux jours, avec pour objectif de faire un bilan de toute l’expérimentation de la “Plate-forme THD” et plus largement de traiter des enjeux des nouveaux services et contenus numériques sur les réseaux Très Hauts Débits.
- les Rencontres Cap Digital et le Personal Democracy Forum mardi 6 décembre au CENTQUATRE,  qui ont rassemblé plus de 700 professionnels.
- et toujours les Entretiens du nouveau monde industriel avec l’IRI et l’ENSCI-Les Ateliers.

Et bien sûr, 2011 a vu la deuxième édition de Futur en Seine, édition présidée par Stéphane Distinguin, Vice-Président du Conseil d’administration. Cette seconde édition du Festival a conforté le succès de la première avec 80 000 visiteurs sur 70 lieux en Ile-de-France. Pendant dix jours, Futur en Seine a permis aux franciliens et au public international de se projeter dans un futur enthousiasmant et ouvert.
Grande nouveauté, le public a également découvert des innovations venues du monde entier  et notamment du Japon, invité d’honneur de Futur en Seine 2011, mais aussi de grandes villes internationales qui ont présenté leur vision et leurs meilleures pratiques des technologies innovantes.
Cette édition a également été l’occasion de mettre en place des services BtoB dédiés, avec la convention d’affaires organisée en partenariat avec l’ARD.
Au cours du festival, le public a également eu accès à une palette exceptionnelle d’expériences à découvrir dans le cadre du Festival OFF : portes ouvertes, démonstrations, performances d’artistes numériques et installations dans toute la région parisienne, et nous en sommes particulièrement fiers.
Je profite de cette rencontre pour vous présenter Agathe Fourquet, qui remplace Gaêlle Couraud, notre directrice de la communication, qui a souhaité prendre une année de congés sabbatiques, et Marion Février qui a pris avec brio la direction opérationnelle de Futur en Seine.

Relations internationales

En 2011 nous avons continué à approfondir notre relation avec San Francisco et avec Tokyo.
Nous avons accompagné 68 membres sur 12 missions internationales, participation à des salons et accompagnement d’entreprises en missions de développement.
Nous renouvelons avec succès depuis le démarrage du pôle notre participation sous forme d’un pavillon au Siggraph, qui en 2011 était à Vancouver, ainsi qu’au Bett (Londres).
Notre partenariat avec Rio (Brésil) s’est amplifié, le Brésil est d’ailleurs le pays invité de Futur en Seine 2012, et un partenariat avec Israel s’est construit avec le déploiement d’un représentant de l’ARD à Tel-Aviv.
Vous avez vu que plusieurs de nos “belles histoires” avaient une forte dimension internationale, ce dont nous nous réjouissons particulièrement.

Institut de la Vie numérique

Je ne peux conclure ce rapport moral sans revenir sur le dossier d’IRT « Institut de la Vie numérique » porté par Cap Digital.

Pendant plusieurs mois entre septembre 2010 et avril 2011, de nombreux adhérents de Cap Digital (120 institutions - grandes entreprises, ETI, PME, établissements publics, associations de PME -) ont travaillé sur la conception d d’un Institut de la Vie Numérique, en réponse à l’appel Institut de Recherche Technologique (IRT) du programme Investissements d’Avenir. Tous ces acteurs partagent en effet une même conviction : face au contexte stratégique créé par la révolution numérique, nous avons besoin d’un dispositif d’innovation adapté et inédit, pour créer de la valeur et des emplois dans nos filières.
La proposition Institut de la Vie Numérique n’a pas été retenue. Nous étions parfaitement conscients de ce risque, puisque nous avions constaté que la vision de l’innovation implicite dans le règlement de l’appel était assez éloignée de celle qui prévaut dans l’économie numérique. Mais nous pensons que notre proposition alternative portera ses fruits.
En particulier, je constate avec plaisir que les partenaires fondateurs sont néanmoins restés mobilisés autour de ce dossier. Ils ont décidé de continuer à travailler à l’émergence de cette structure, dont notre écosystème a besoin.
Nous travaillons à la définition d’une « préfiguration » de l’Institut de laVie Numérique. Cette préfiguration sera réduite à trois sites géographiques (Saint-Denis, Paris, Evry). Elle nous permettra de valider le concept central de Lieux d’innovation et d’Expérimentation, avec des ressources logicielles, des plateaux techniques et des plates formes partagés pour nos filières, l’accès à l’excellence académique, et des capacités d’accueil, de démonstration, de formation pour les entreprises. Nous recherchons actuellement un financement de cette préfiguration auprès de la Région et des Collectivités locales.

Quelques rendez-vous pour 2012

Je voudrais conclure en traçant avec vous quelques lignes de force de l’année qui nous attend. Au dela du développement de notre communauté et de nos activités, nous avons quatre rendez-vous importants :

- Plan stratégique Cap2017. L’année 2012 devra être l’année de la renégociation de la politique des pôles de compétitivité. Le club des 18 pôles mondiaux, dont nous sommes membres (et membres du bureau), y travaille assidûment. Nous ne sommes pas encore complètement rassurés sur la perenité des financements de R&D et des financements des gouvernances.
Cette négociation s’appuiera, de notre part, sur un plan stratégique.
Là encore, un intense travail collectif a été consenti par les organes du pôle, afin de tracer pour les années à venir les grands défis technologiques et humains, les enjeux associés pour nos filières, et la façon de s’y préparer en faisant évoluer nos actions et notre modèle économique.Il donne actuellement lieu à une large consultation des communautés et des adhérents, qui se poursuivra pendant la négociation avec l’Etat.

- L’Institut de la vie numérique reste une de nos priorités, en particulier le lancement début 2013 du Centre de Recherche et d’Innovation situé à Saint-Denis, à la MSH Paris Nord.

- Enfin, en 2012, Futur en Seine devient annuel. Il se tiendra du 14 au 24 juin prochain, avec notre traditionnelle soirée inaugurale le 13 juin. Cette année, le festival commencera par un moment plus concentré : 4 jours au CENTQUATRE (4.000 m2 d’expositions, de conférences et de démonstrations), dint deux jours (14 et 15 juin) entièrement réservés aux professionnels : rencontres d’affaires, etc. Il se déploiera ensuite, dans ses formes IN et OFF, dans toute la région. Le site http://www.futur-en-seine.fr/ vous permettra de voir le programme et nouvelle charte graphique (nous avons été rejoins cette année par Jean-Louis Fréchin, qui joue le rôle de directeur artistique, et avons mis en place un pilotage collégial avec Stéphane Distinguin, vice président du CA en charge de Futur en Seine, Jean-Louis Fréchin, Patrick Cocquet, Marion Février et moi-même). Notre ambition est, en de 3 ou 4 éditions, d’installer ce festival comme un rendez-vous mondial du numérique, à la hauteur des grands festivals mondiaux comme SXWX ou autres.

J’ajoute une opinion personnelle, que je défendrai si vous me reconduisez à la présidence du pôle. Nous avons remarquablement musclé nos services et nos activités d’accompagnement, tout en maintenant nos efforts de financement de la R&D. Je pense que nous devrons, au cours des deux années qui viennent, travailler à nouveau sur nos profondes racines dans le monde de la recherche, aussi bien pour lester le pôle en stratégie de R&D que pour tenter de le doter de véritables actifs.

Je voudrais conclure, comme d’habitude, mais ce n’est pas par formalisme, en félicitant toute la délégation générale et notamment Patrick Cocquet, Philippe Roy, Françoise Colaïtis, Carlos Cunha. Je ne peux pas vous citer tous, Gaëlle Zovi, Stéphane Singier, Christelle Ayache, Béatrice Castagnet, Jean Fagot, Marion Février, Aurélia Michelix, Julien Soullière et tous les autres... mais vous savez bien combien nous apprécions votre travail, et je voudrais vous redire qu’il est, au plein sens du terme, utile.

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