dimanche, décembre 27, 2009

Immanence du message

Au commencement, le messager était un Malakh, ce que nous appellerions aujourd'hui un ange. Dans la littérature rabbinique ou kabbaliste, ce messager est une quasi émanation de Dieu, l'incarnation d'une parole ou d'une idée, une colonne mystique et matérielle à la fois qui relie l'insondable et le monde des hommes.
Dans la mythologie grecque, le messager des dieux et dieu des messagers est Hermès, dieu des voleurs, dieu du commerce, gardien des routes et des carrefours, des voyageurs, des voleurs, de la chance, conducteur des âmes aux Enfers. On a perdu la splendeur du monothéisme et sa profondeur ontologique pour atteindre les rives de l'ambiguïté, de la polysémie, de la pluralité des sens.







Depuis dix ans, "vous avez un message" est l'expression la plus fréquente d'une journée. Vibration de blackberry, sonnerie de portable ne s'interrompent plus.
Depuis cinq ans, la communication est même "ambiante" : une petite musique d'ambiance, ininterrompue, que l'on aborde par Facebook ou Twitter et bientôt dans le monde réel lui-même...


Plus aucune divinité du messager. Plus aucune dignité particulière du messager. Plus aucune interruption du message.


Banalisation ou immanence ? Perte du sens ou atteinte d'un nouvel essentiel ?

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