mardi, décembre 07, 2010

Faut-il bâtir une filière de l'innovation ?

Il y a un sujet, d'apparence technique, que je voudrais partager avec mes lecteurs. Il porte sur la politique industrielle française.

Ayant découvert, ces dernières années, l'efficacité de la "coopétition", le gouvernement encourage désormais différentes formes d'organisation industrielle impliquant les acteurs, grands et petits. C'est plutôt bien, naturellement.


C'est ainsi que les Etats Généraux de l'Industrie qui se sont tenus l'année dernière ont abouti à la mise en place d'une politique de filières, 11 filières parmi lesquelles les technologies de l'information, de la communication et des services.


C'est ainsi aussi que le Commissariat général aux investissements d'avenir (le "Grand emprunt") a annoncé la création de quelques "Instituts de recherche technologique" et vient de lancer un appel à propositions.

C'est ainsi, enfin, que l'aménagement du plateau de Saclay est en passe de devenir le fer de lance de la politique industrielle française. C'est-à-dire une politique (intéressante au demeurant) de concentration de forces d'enseignement et de recherche, mais loin des publics, loin des créatifs, loin des lieux de rencontre et d'ébullition.

lundi, décembre 06, 2010

Wikileaks : pour un retour au droit commun

On en a parlé tout le week-end, avec pas mal d'amis, alors j'ai envie à mon tour de poser quelques idées sur l'affaire Wikileaks .

Wikileaks nous propose une variante moderne de la question fondatrice de la démocratie : Qui custodiet ipsos custodes ? Qui garde ces gardiens ? Qui surveille ces surveillants ? Et elle prouve aussi que la classique séparation des pouvoirs, telle que l'a notamment élaborée Montesquieu, ne suffit plus tout à fait dans un monde de communication de masse. Certains pouvoirs ont désormais une telle capacité à façonner l'information qu'il va falloir inventer de nouveaux contre-pouvoirs et de nouvelles régulations.

Autant le dire tout de suite, je n'ai pas une grande sympathie pour Wikileaks, ce site qui met en ligne des centaines de milliers de documents classifiés. Trop centralisé, trop de jouissance égotique, et un poil paranoïaque, du fondateur, Julian Assange. Trop procureur, trop imprécateur. Trop asymétrique, aussi, trop aisément manipulable : qui nous dit que M. Assange n'a pas enlevé quelques documents dans le lot qu'il diffuse ? Ou qu'il ne choisit pas ses cibles en fonction de quelques agendas connus de lui seul ?

En même temps, il est plutôt amusant d'assister à un débat à front renversé, dans lequel les détracteurs les plus acharnés de Wikileaks recouvrent globalement les gens les plus prompts à dégainer le fameux "ceux qui n'ont rien à cacher n'ont rien à craindre", tandis que les plus fervents défenseurs  de la vie privée semblent tenir Assange pour un Robin des bois moderne.

vendredi, novembre 26, 2010

Aides à l'innovation : le grand recul

Je vais bientôt reprendre le fil de ce blog, notamment pour ne pas lasser ceux de mes lecteurs qui s'intéressent surtout à la création numérique et à la transformation sociale. D'autant que je rentre d'un voyage passionnant à San Francisco avec le Think Tank Orange Institute et que ça va me faire beaucoup de choses passionnantes à raconter. Il faut juste que je mette mes idées et mes notes en ordre.

Nous n'avons pas gagné beaucoup sur le projet de loi de Finances 2011. Quelques ajustements, mais globalement, la perte de financements pour l'innovation va se chiffrer en milliards. Nous allons nous battre jusqu'au bout (les présidents de pôles mondiaux rencontrent Eric Besson lundi), mais on connaît maintenant les grands équilibres.


mardi, novembre 02, 2010

Modifier le statut des jeunes entreprises innovantes serait une grave erreur de politique industrielle

Ci-joint mon interview à l'AEF parue ce jour. On va dire que je me répète, mais cette affaire est vraiment consternante.

« Le statut de JEI (jeune entreprise innovante) (1), créé en 2004, est sans doute aujourd'hui le dispositif qui produit le plus d'emplois par euro investi », déclare à AEF Henri Verdier, président du pôle de compétitivité Cap Digital et président du directoire de la jeune entreprise innovante MFG-R&D, le 28 octobre 2010. « Modifier le statut des JEI serait une grave erreur de politique industrielle de la part du gouvernement, dans un pays où plus de 60 % des créations d'emplois sont dans les PME », poursuit-il, commentant ainsi la volonté de certains parlementaires de vouloir amender ce dispositif lors de l'examen du projet de loi de finances 2011.


jeudi, octobre 21, 2010

Il y a aussi des bonnes nouvelles

Il y a aussi des jours on a de bonnes nouvelles.

Puisque l'heure est aux PME innovantes, on vient d'apprendre que l'université de Tokyo a acquis 30 robots Nao pour former ses étudiants en mécatronique. Et pas n'importe qui puisqu'il s'agit tout simplement du célèbre professeur Yoshiko Nakamura, qui déclare sur son blog : « Nao est une incroyable plate-forme pour l’enseignement de la robotique. Il dispose d’énormes possibilités d’interactions et d’un système logiciel ouvert. ».
Qu'on enseigne la robotique au Japon avec les robots développés à Paris par Aldebaran, ça fait chaud au coeur. Surtout quand on connaît l'importance de cette industrie au Japon.

Bravo

Hier soir, l'Assemblée nationale n'a pas sabré le crédit d'impôt recherche autant que ce que demandait la commission des Finances. Quelques ajustements de bon sens pour empêcher les abus, et l'essentiel du dispositif qui est sauvegardé. C'est bien.

Reste à savoir si les mesures qui frappent spécifiquement les PME innovantes (affaiblissement du statut de JEI, baisse des exemptions fiscales pour les investissements sur les PME) seront elles aussi corrigées. Réponse au 4 novembre. Continuons la mobilisation (pour info : le groupe Facebok comprend 834 personnes ce soir. Et pas des manchots).