La politique se résume souvent, pour les médias, les citoyens et même certains militants, à une épopée théâtrale. Affrontements idéologiques, aventures personnelles de "grands hommes", décisions courageuses. Parallèlement, nous sollicitons tous, au quotidien, aux services de nombreuses formes d’action publiques : administrations, politiques de santé, éducation, justice… mais il n’est pas toujours facile de faire le lien entre les deux…
Ce clivage s’est probablement accentué ces dernières années avec les progrès de la communication politique, du "storytelling" et avec peopolisation de la conquête du pouvoir.
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vendredi, janvier 11, 2008
mercredi, mai 30, 2007
Dans le même bateau
Peter Sloterdijk est un philosophe et écrivain allemand contemporain. Sa réputation parfois sulfureuse, surtout depuis la publication des Règles pour le dressage du parc humain ne doit pas dissimuler un esprit authentiquement novateur, s’emparant des problèmes contemporains avec une audace et un décalage de point de vue des plus féconds. Sloterddijk doit être lu pour ce qu’il écrit, et non pas pour les polémiques médiatiques ni pour son apparence romanesque.
Dans le même bateau propose, dans une manière bien allemande que l’on retrouve par exemple chez Hans Jonas (Le Concept de Dieu après Auschwitz), une sorte de parabole, de genèse fictive, d’histoire imaginaire de l’humanité qui permet de forger des concepts éclairants et de répondre à la question : du « dégoût que la société actuelle éprouve pour sa classe politique ».
La réponse de Sloterdijk tourne le dos aux explications philosophiques ou sociologiques pour proposer, à mille lieues des commentaires journalistiques habituels, une réflexion fondée sur ce qui fait appartenance, ce qui fait que les groupes humains tiennent ensemble et la manière dont cette cohésion fonctionne.
Cette histoire (imaginaire, une fois encore) des modes d’être ensemble distingue trois étapes, racontées selon une métaphore marine : l’âge « paléopolitique » serait celui de petites communautés (des clans) « dérivant sur des radeaux ». La seconde période (celle de la politique « classique » serait celle de la « navigation côtière » de navires souverains obéissant à l’ordre disciplinaire et aux idées de grandeur. Le troisième âge, dans lequel nous serions entrés, serait celui de « gigantesques super-ferries, quasiment ingouvernables en raison de leur taille monstrueuse et sillonnant un océan de naufragés ».
jeudi, novembre 30, 2006
Ecole : demandez le programme !
Philippe Meirieu verse au débat présidentiel, un livre audacieux et précis qui repose sur les nombreuses contributions aux débats du Café pédagogique (http://inter.cafe-leblog.net et http://www.cafepedagogique.fr) et au site personnel de Meirieu (http://www.meirieu.com). Les textes sont illustrés de nombreux extraits des contributions à ces débats. Riches de propositions précises, à défaut d’êtres toutes innovantes, il représente un antidote stimulant aux excès et aux approximations que ne manquera pas de susciter la période électorale.
Des pistes nombreuses et fécondes
Ce livre refuse l’ « évidence » selon laquelle la société va mal, du fait de l’école, et notamment des pédagogues qui en ont aboli les valeurs. En 1950, la moitié des adolescents de 16 ans étaient au travail. Aujourd’hui 97,3 % sont scolarisés. Si le niveau des classes a baissé, c’est parce que le niveau général monte et parce que notre exigence s’est élevée. Cette ambition est aujourd’hui jugée utopique et dangereuse : les "masses", "non éducables", n’auraient pas besoin de ce bagage… Meirieu nous propose au contraire d’amplifier l’effort. Il faut ressaisir cette ambition et la prendre au sérieux : garantir la maîtrise de la langue, définir et enseigner ce que « nul ne peut ignorer », refuser l’orientation par l’échec dans les voies professionnelles, combattre l’incivilité et la violence...
Philippe Meirieu propose différentes pistes pour bâtir une « école fondamentale » pour tous les élèves de trois à seize ans et supprimer l’actuel « déficit d’unité républicaine ».
Il faut restaurer les piliers de l’école laïque, gratuite et obligatoire. La laïcité face à « toutes les formes d’emprise sur les esprits (…) le prosélytisme fondamentaliste, la pression des marques commerciales ou la normativité des modèles hollywoodiens ». La gratuité quand « le coût des fournitures excède très largement le montant de l’indemnité versée aux plus modestes ». Enfin, face au homescooling, rendre à nouveau l’école attractive pour ne pas avoir besoin de la rendre obligatoire.
Il rappelle que les exclus du système éducatif ne le sont pas parce qu’ils ne comprennent pas, mais parce qu’ils ne comprennent pas pourquoi il faut apprendre. C’est à cela que l’institution, confrontée aujourd’hui à une quantité et à une diversité d’élèves jamais atteintes, doit répondre. Et pour cela, elle doit utiliser, notamment, la pédagogie du détour et la pédagogie par projets.
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