lundi, décembre 05, 2016

Démocratie cybernétique

Jeudi prochain, dans le cadre du sommet mondial de l'OGP, se tiendra une "nuit des débats" de la démocratie, qui commencera par un "tribunal pour les générations futures" organisé par l'équipe d'Usbek et Rica, qui se poursuivra par une nuit de pitches et de tables rondes animée par l'ami Julien Letailleur, avec des interventions de Pablo Soto, Cynthia Fleury, Primavera de Filippi, Regards citoyens, Tanja Aitamurto, ou encore François Taddéi et bien d'autres, et se poursuivra dans tout Paris : au Lieu d’Accueil Innovant Espoir18, chez Superpublic , au Schoolab, au Numa, chez Make.org, au SenseSpace ou encore à l’Otherspace. Vous ne pourrez pas tout voir, c'est sûr. C'est le principe. La révolution ne sera pas télévisée...

Pour ma part, j'aurai le plaisir et l'honneur de dialoguer, après le premier round de pitches, avec Joël de Rosnay. Je ne sais pas si tous les activistes du renouveau démocratique et toutes les civic Tech savent tout ce qu'ils doivent à Joël de Rosnay. Je ne parle pas seulement de l'introduction en France du surf ni de la naissance de la Cité des sciences. Je pense à ses travaux, à son humanisme technophile, à sa pensée des organisations humaines et aussi à son attention subtile et bienveillante aux idées et aux personnes. Je cherche à comprendre, les codes cachés de la nature, son dernier livre, en témoigne à nouveau.


Nous avons échangé ce week-end avec Joël pour préparer notre dialogue. Je ne sais pas si nous reprendrons l'ensemble de notre conversation (qui, à mon avis, risquerait alors de dépasser les 25 minutes promises). Ni même si nous partirons dans d'autres directions. Mais si nos échanges de jeudi ressemblent au précédent, nous devrions parler des relations entre la gouvernance et la cybernétique, et de cette question du feedback, qui est à la fois au coeur de toute réflexion constituante, vieille comme la réflexion démocratique (qui custodiet ipsos custodes ?), centrale dans les dynamiques de la nature et du vivant, et profondément renouvelée avec l'avènement de la révolution numérique, d'Internet et prochainement des intelligences artificielles.
Nous devrions probablement aussi réfléchir sur les attitudes qui permettent d'agir dans un monde de feedback rapide et permanent, sans que je sache encore si notre échange nous conduira plutôt à parler du surfeur sur sa vague, de l'efficacité des méthodes agiles et des bouleversements qu'elles introduisent dans nos organisations, ou même de démocratie liquide.
Ceci pourrait nous conduire à la question de la liberté, de l'innovation et de la création dans un monde qui voit naître un pouvoir d'agir ans précédent, mais qui voit aussi se pouvoir se concentrer entre les amins de nouveaux monopoles, d'un nouveau genre, qui enserrent progressivement l'économie, l'information et même la connaissance dans des réseaux de service de plus en plus sophistiqués. Et curieusement, nous pourrions nous retrouver en fort consensus sur l'importance des communs numériques, de ces ressources que nous constyruisons, maintenons et utilisons en commun, dans le monde qui se dessine.
Je ne peux pas vous garantir que c'est bien sur ce schéma que restera notre échange. Joël de rosnay n'est pas homme à s'arrêter s'il trouve une meilleure idée en chemin et nul ne lui fera l'injure de prétendre fixer à l'avance sa trajectoire sur la vague. Mais la soirée s'annonce intéressante, et j'espère vous y retrouver nombreux.

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