samedi, juin 11, 2011

Futur en Seine 2011 : que la fête commence !






Vendredi prochain, 17 juin, nous lancerons officiellement l'édition 2011 du Festival Futur en Seine, initié par Cap Digital en 2009.  J'espère qu'on se retrouvera nombreux à l'inauguration, au passage de l'Innovation.

Futur en Seine 2011, c'est Futur en Seine au carré : plus de prototypes, plus d'événements, plus d'invités. C'est une ouverture internationale exceptionnelle, en partie appuyée sur le Futur en Seine on tour qui a permis à nos prototypes de faire escale à Amsterdam, au Japon, en Chine et en Corée. Dix délégations internationales, des conférenciers du monde entier, un souffle exceptionnel...

Pendant 10 jours, plus d'une centaine d'événement, de fêtes, de conférences, de rencontres d'affaires, d'expositions vont mettre Paris, Saint-Denis, Issy-les-Moulineaux, Montreuil et autre au diapason de la révolution numérique.

J'attend beaucoup, personnellement, des conférences internationales, des prototypes du futur, du Village des innovations et de la fête de clôture. Mais il y aura tant à voir ! Il y aura de quoi nager dans le numérique du matin au soir, chacun selon ses goûts. Pour ma part, je pense passer à Pas Sage en Seine dont je garde de si bons souvenirs, et me balader beaucoup en soirées. Et j'ai déjà visité l'exposition "objet(s) du numérique" au passage de l'Innovation.

Pourquoi Cap Digital, pôle de compétitivité travaillant sur le développement économique, a-t-il jugé indispensable de se lancer dans un tel événement ? 

mercredi, mai 25, 2011

La résistible ascension des nouveaux Barbares

Ci-joint un petit texte concocté avec mon ami Christophe Stener, portant sur les objectifs et la stratégie des nouveaux Barbares,  invités d'honneur du e-G8, et sur les réponses possibles par nos entreprises matures.



Après 800 ans de domination sans partage, les Romains furent emportés par une vague de barbares venus de plus loin et dont ils n’ont pas su dominer les attaques rapides, mobiles, sans respect des règles habituelles du combat lourd que maîtrisaient leurs phalanges..
Les entreprises leaders de l’économie du XXe siècle sont-elles condamnées à subir le même sort ? Les nouveaux entrants, nés dans Internet (Internet natives) que sont les Google, Facebook, Apple, Amazon, semblent en effet avoir la même mobilité, la même ambition et le même dédain pour les règles classiques que les anciens barbares.

Face à ce déferlement, les entreprises matures, leaders mondiaux de leurs secteurs, ont compris et intégré une partie des technologies numériques en particulier le commerce électronique et le marketing viral. Mais ils restent quand même prisonniers de modèles‘brick et mortar’, sans pouvoir ou savoir reconstruire toute leur chaine de valeur par rapport au eclient. La stratégie multi canal est un bon exemple. Indispensable, elle n’est pourtant qu’un ‘barrage contre le Pacifique’ contre ces ‘nouveaux barbares’ qui pillent les chaînes actuelles des acteurs traditionnels.
Les entreprises les plus directement impactées sont celles qui vendent des biens et services aux particuliers (Business to Consumers). Leur capital est composé de leur marque, de leur réseau commercial, de leur savoir faire métier... mais surtout de leur capacité à capter, à satisfaire et à conserver leurs clients. Le client est le capital le plus précieux mais aussi le plus fragile de l’entreprise. La relation avec le client est de plus en plus nouée et fidélisée par les nouveaux outils numériques : mailings ciblés, liens commerciaux sur les sites de recherche ou communautaires, galeries marchandes sur ordinateur et sur téléphones intelligents (smart phones), offres groupées avec d’autres partenaires (bancaires, tourisme, assureurs,...), cartes de fidélisation et de paiement... Les entreprises ‘brick et mortar’ ont compris qu’Internet était le média majeur au XXIe siècle.
C’est justement sur ce lien entre l’entreprise et le client que les ‘nouveaux barbares’ ont décidé de devenir les points de passage obligés pour vendre leurs propres biens et services concurrents des entreprises ‘classiques’ et/ou faire payer à celles-ci des droits de péage, nouvelle forme de droit d’octroi numérique.

dimanche, mai 22, 2011

Vers un libéralisme des données ?


Mercredi dernier, j’ai été invité par les organisateurs de I-Expo à une table ronde animée par  Bernard Benhamou, un vieil ami.
Intervenaient également deux autres amis : Stéphane Distinguin et Axel Adida (un entrepreneur confirmé et un entrepreneur dont on entendra bientôt parler). Nous étions donc globalement assez d’accord entre nous.
Nous parlions de l’immense bascule qui s’est produite en quelques années : les produits et services grand public sont désormais si performants que la puissance de calcul, la puissance de communication et la puissance de création à l’extérieur des entreprises sont supérieures à ce que l’on trouve à l’intérieur des organisations.
Nous évoquions les changements énormes que cela apporte dans l’organisation du travail, dans les stratégies d’innovation, dans la conception des services. Inutile de préciser que nous étions plutôt d’accord entre nous sur notre socle de conviction : open innovation, open data, importance des startups, de l’innovation de services, de la mobilité, etc.

Mais une question du public nous a conduit sur un problème beaucoup plus ardu, qui a légèrement troublé notre bel unanimisme.
La question est au fond de savoir si l’ouverture des données, privées et publiques, ne risque pas de favoriser leur prise de contrôle par les grands acteurs américains que sont Google, Apple, et peut-être Facebook. 

Captation de valeur par les nouveaux monopoles ? Les termes du débat sont assez simples.

dimanche, mai 08, 2011

La Valeur écartelée


Le Think Tank de l’Institut Télécom a reçu l’autre jour un intervenant passionnant : Laurent Gille, économiste à la culture profonde, anthropologue à ses heures, sociologue parfois, auteur entre autres de livres comme Les Dilemmes de l’économie numérique, ou Aux sources de la valeur : des biens et des liens.

L'un des constats - surprenant - de Laurent Gille est que la civilisation numérique naissante semble parfois remobiliser certains des principes de l’ordre prémarchand.

Il faut d'abord se rappeler que les sociétés humaines n'accordent pas seulement de la valeur aux choses - ce que regarde l'économie - mais aussi aux individus et à d'autres choses "non négociables'. Et si la théorie économique s’est centrée, construite peut-être, sur l’analyse de la valeur des choses, celle-ci n’explique pas, et de loin, l’ensemble du fonctionnement de nos sociétés.


mardi, avril 26, 2011

Rapport moral 2010 à l'Assemblée générale de Cap Digital


Chers amis

Bonjour à tous, et particulièrement aux nouveaux adhérents qui nous ont rejoint, particulièrement nombreux cette année encore

Il me revient de vous présenter le rapport moral de l’exercice 2010, qui synthétise le rapport d’activité et le rapport de gestion de l’exercice 2010, tous deux disponibles sur le site de Cap Digital.

Je voudrais tout d’abord rappeler que, si Cap Digital est né d’une initiative de l’Etat, il est avant tout lune association d’entreprises – grandes et petites -, souvent concurrentes, d’établissements publics et de collectivités locales qui travaillent au succès des entrepreneurs et créateurs du numérique en Ile de France.


C’est pourquoi je voudrais commencer ce rapport moral en me félicitant de certains de vos succès. Non pas pour donner je ne sais quel prix, mais pour rappeler ce pourquoi nous nous battons et ce qu’il est possible de faire ici. Je me réjouis par exemple :
- du succès du film d’animation « Moi, moche et méchant » entièrement développé par la société Mac Guff, membre d’un des premiers grands projets du pôle, le projet HD3D. C’est la première fois qu’Universal sous-traite entièrement un long métrage hors des US, et il a été 10 semaines en tête du box office aux Etats-Unis ;
- des récents succès Quantic Dream, qui vient de remporter trois BAFTA grâce à Heavy Rain, avec, là encore, des technologies issues de projets de R&D soutenus par Cap Digital ;
- des créations répétées de Parrot, qui après le succès du ARdrone vient de lancer Dia (cadre photo, développé avec Nodesign) et Asteroïd (autoradio connecté à Internet)
- des succès commerciaux internationaux d’Aldebaran, qui vend désormais ses robots au Japon comme aux US ;
- de la très forte croissance de Dailymotion, désormais 32e site mondial ;
- des belles levées de fonds de KTM advance, MXP4 et de beaucoup d’autres ;
- du million d’utilisateurs de covoiturage.fr ;
- quant à Mikkros, je ne sais pas si je dois les féliciter pour leur récent César pour Logorama, qui fait suite à l’Oscar 2010 dont nous nous félicitions l’année dernière.

Si j’ai oublié quelqu’un, c'est de votre faute. Pensez à m’avertir de vos succès, car je suis souvent sollicité pour en parler.
Je note en passant que les hypothèses qui ont prévalu à la création de Cap Digital se confirment chaque jour. Les contenus et les services numériques sont le moteur de la croissance française. MacKisey vient de nous rappeler qu’Internet à lui seul est responsable de 25% des créations nettes d’emplois en France depuis 15 ans. Nous savons bien, ici, que le numérique déborde largement Internet et qu’il est désormais le matériau avec lequel nous construisons presque toutes nos innovations.


jeudi, avril 14, 2011

C'est quoi, un zettabyte ?

Le problème, avec les big data, c'est qu'on nous assène en permanence des ordres de grandeur, des Méga-, Giga-, Tera- et même Zettabytes, alors qu'on n'a en tête aucune métrique pour se représenter ce que ça signifie.

Franchement, ça vous dit quoi quand on vous dit qu'on sait traiter un Terabytes de données en 1 minute ?

Or, nous entrons dans une époque où il sera aussi important d'avoir une intuition des volumétries de données que d'avoir une intuition des distances.

C'est pourquoi nous vous avons concocté, avec l'équipe de MFG-Labs, une petite animation, un peu inspirée d'un article de ReadWriteWeb, qui permet de se faire une idée.


A chaque étape, on multiplie par 1.024.

Maintenant, quand vous entendrez quelque part que l'humanité déverse 1,2 zettabytes par an sur Internet, j'espère que vous saurez un peu mieux ce que ça veut dire.

Pour info, sur le blog de Jean-Noël Chaintreuil, vous apprendrez que l'humanité consomme 3,6 zettabytes par jour.

Mais qu'est-ce qu'ils font de toutes ces données ?

mercredi, mars 23, 2011

(Billet invité) Pierre Bellanger : L'avenir des réseaux sociaux

J'ai le plaisir de partager avec vous cette réflexion de Pierre Bellanger, fondateur et PDG de Skyrock, et donc de la plate-forme Skyblog, sur l'avenir des réseaux sociaux.



Les premiers services de réseaux sociaux sur Internet ont eu pour promesse initiale d’aider à la mise en relation entre elles de personnes appartenant à des populations définies par un besoin ou une situation.

Sous la forme originelle de groupes de soutien, les malades souffrant d’une même pathologie se retrouvent sur des forums précurseurs de ces services. Aux États‐Unis, dès 1995, un des premiers réseaux, « Classmates », permet de se lier, à nouveau, avec ses camarades de scolarité. « BlackPlanet », ensuite, fondé en 1999, s’adresse à la communauté afro‐américaine. « Friendster », lancé en 2002, a pour vocation de favoriser la mise en relation avec les amis de ses amis. « MySpace », en ligne en 2003, séduit la nouvelle génération américaine par la liberté de ses profils sous pseudonyme et son orientation musicale. « Facebook », enfin, fondé en 2004, est, à son origine, réservé à quelques universités, puis au seul monde scolaire et réticule, de ce fait, les étudiants sous leur véritable identité. Une adresse email en .edu était nécessaire au début pour y adhérer.

En Asie, le coréen « CyWorld » débute en 1999 et fédère la jeune génération qui s’y retrouve sous le couvert d’avatars. Au Japon, « Mixi », fondé en 2000, recrute sur invitation, favorisant la constitution d’un réseau homogène. Le chinois « Renren », créé en 2005, se focalise sur la communauté estudiantine ‐ avec quand même plus 160 millions de membres ‐  qui échangent sous pseudo.

En Europe, « Skyrock » lance son réseau social de blogs en 2002 et rassemble, comme la radio, la libre expression de la nouvelle génération et en est le leader français et européen. «Skyrock » est sous pseudo comme « Hyves » aux Pays‐Bas, fondé en 2004, tandis que «Tuenti » en Espagne, lancé en 2006, est sur invitation.

Avant même Internet et le Web, les premières communautés virtuelles se réunissent par la mise en réseau d’ordinateurs : dès 1979, sur « the Source » et ensuite sur « the WELL » à partir de 1985, avant de s’étendre sur « Prodigy »,   « Compuserve », et « America Online ».
La rareté de l’usage, la faible notoriété, le coût et la difficulté d’y accéder rendaient ces premiers réseaux endogamiques, ultra‐minoritaires et spécialisés. Ils répondaient avant l’heure à la première promesse du réseau social sur Internet : l’entre soi.

« Facebook » va faire le choix radical de quitter cet entre‐soi par des élargissements successifs imposés à ses membres jusqu’à devenir ce qu’il est aujourd’hui : le premier réseau social universel sous identité réelle avec plus d’un demi‐milliard de membres.
Le résultat est fantastique : c’est un hybride mutant entre la micro‐socialisation et la globalisation planétaire.

Comme « Facebook » est conçu initialement pour un monde universitaire où, en un même lieu  ‐ le campus  ‐, et entre égaux identifiés,  ‐ les étudiants  ‐   le travail, les relations et les loisirs sont unifiés et sans passé, il oblige tous ses utilisateurs à l’unité d’identité dans un réseau relationnel monocontextuel et unidimensionnel : la famille, les relations de travail, les amis issus de divers moments de la vie ou activités se retrouvent ensemble sur une même page sans distinction.
L’expérimentation et les évolutions d’identité de l’adolescent n’y ont pas leur place. La complexité des relations et l’hétérogénéité des contextes de socialisation d’un adulte  ‐ lui‐ même à facettes ‐ n’y sont pas prises en compte.

D’où la dénaturation sur le service du sens du mot « ami » qui comprime en un seul mot sans nuance des réalités relationnelles pourtant subtiles et indissociables de leurs circonstances comme de leurs histoires.

mercredi, mars 16, 2011

The Social Network : allégorie plus que biopic




Je n’avais pas encore pris le temps de voir The Social Network, de David Fincher. Pourtant, j’étais le coeur de cible naturel : un film sur l’aventure Facebook scénarisé par Aaron Sorkin – le créateur de The West Wing quand même. C’est dire si j’ai peu le temps d’aller au cinéma.

Un long trajet en avion m’a permis de le voir enfin. Et à ma grande surprise, je n’ai pas du tout vu le film qu’on m’avait annoncé.

Les amis m’avaient dit : « pas mal, va le voir ». Mais ils n’avaient pas l’air si chauds que ça.
La presse et le discours ambiant en faisaient surtout l’histoire d’un type sans foi ni loi, qui avait trahi tous ses amis pour devenir milliardaire. D’autres parlaient de ce gars, un peu nerd, qui avait développé un site pour mieux draguer les filles, et qui était devenu « milliardaire malgré lui » (ce qui est d’ailleurs le titre du livre ayant inspiré le film).

J’ai vu au contraire un film consacré à l’art et la manière de changer le monde avec le numérique, et au prix à payer pour y parvenir. Tellement centré sur ce sujet qu’il en devenait même parfois un peu didactique, voire pesant.

Fondamentalement, The Social Network me semble être construit en trois actes, qui montrent les trois renoncements consentis par Mark Zuckerberg. Trois trahisons, peut-être, mais de lui-même bien plus que des autres.

  1. Il y a d’abord le renoncement à l’ordre ancien. Approché par des gosses de riche, nantis et éduqués, membres des meilleurs clubs et excellents à l'aviron, qui lui proposent, avec un brin de condescendance, de développer une sorte de Who’s who de Harvard, il envisage (ou feint) de les aider, avant de lancer son propre service. Il renonce de ce voie à la carrière toute tracée au sein de l’ancienne élite, de ses méthodes, de ses valeurs et de sa vision de l’ordre social. De manière très significative, ses comparses commencent par refuser de l’attaquer en justice (parce que ce n’est pas « gentleman », puis décident de le faire lorsqu’ils réalisent que même les gentlemen anglais commencent à utiliser Facebook.

mardi, mars 01, 2011

What makes Silicon Valley so special ? (guest post)

I am very pleased to release today a "guest post" from my friend Georges Nahon, director of Orange Labs San Francisco, and Director General of the Orange Institute.


What makes Silicon Valley so special for digital innovation?

It is a culture of constant rebellion against all sorts of establishments particularly in the information &  communication technology space. It is also  a profound  desire to have a major impact on the world who needs to be changed to be a better place. Good changes happen when things move fast dynamically.
SV is about an insatiable quest for non incremental innovation that will disrupt the existing world to do two things: (1) redirect some of the economic value disrupted to the venture capitalists who funded the disruption, and (2) make it a better place.

It is also a place where optimism, generosity, altruism and communities drive the behaviors rather than individualism, egocentricity and cynism.  The Valley places a premium on alternatives to top-down, hierarchical sources of support. Governmental subsidy is seen as toxic to innovation funded by private investors. Smart risks are the norm.


What developments have you witnessed in Digital Innovation Management in the past years (Open innovation, Co-creation, Fast prototyping and beta release, User experience focus ...)?

The world is now the web. People are now at the center of the web as they are at the center of the real world.  There is clearly more happening bottom up as more people can share constantly more ideas across the world and across the walls of their companies.

There is a distortion that the web and the mobile technology have brought to the entire innovation space as creativity can be quickly turned into beta product and tested at scale given the huge and growing size of the web. In reality major disruptive innovations are not happening like that. They still require years of R&D and testing. And it still delivers new and interesting products. What has changed is that the social real time and mobile web is encouraging and generating all sorts of entrepreneurial innovations that are not based on the traditional vision of R&D. Both will continue to thrive but management of stakeholders’ patience is the new health indicator for innovation.

What disruptions do you anticipate and what are the challenges for Silicon Valley to remain a worldwide leader in term of digital innovation?

The Web has created an unprecedented situation in the history of humankind:  an avalanche of non structured information and data produced every second and made available continuously to the entire planet at little to no cost.

Managing these new information currents require a new approach to IT and networking and to data analysis and representation.
The era of Big Data is around us and will only get more pervasive and inevitable.

What do you plan to focus on in term of Innovation Management emerging trends?

Big data  in a mobile and real time world as the new knowledge infrastructure.

(Photo by Adam Tinworth)