mercredi, décembre 16, 2009

Les réseaux sociaux du futur : avatars multiples et espaces discrets

Nicolas Gaume a tout compris !

En marge du Web09, Nicolas Gaume, qui a créé, après quelques récents avatars, la société Mimesis-Republic et  préside le SNJV, m'a présenté son prochain projet, Black Mamba Nation.

J'ai la plus grande admiration pour Nicolas. Entrepreneur talentueux (pour les plus jeunes : il fut le fondateur  de Kalisto), véritable intellectuel, concepteur visionnaire... Et un type hyper sympa, par dessus le marché.



Ce que j'ai vu là m'a véritablement passionné.
Black Mamba Nation est un jeu massivement multijoueurs en ligne pour les 12-24 ans, dans un univers persistant, accessible gratuitement (c'est un modèle Freemium, l'entré et le jeu sont gratuits, certains accessoires sont payants).

Jusque là, c'est assez classique. Comme on pouvait s'y attendre, les graphismes sont sympas, les mouvements sont fluides, les situations de jeu sont attrayantes. Aucune installation à effectuer, produit pur web. Bref, ce sont des pros et ils ont fait un boulot nickel. Rien qu'avec ça, il y avait de quoi faire un succès.


Ce qui m'a le plus intéressé ce sont deux options, implicites pour le joueur, mais qui m'ont semblées à la fois neuves et particulièrement bien en phase avec ce que les réseaux sociaux sont appelés à devenir.

1- La gestion des identités.

On ne se crée pas un seul avatar, dans ce jeu. Ni même plusieurs sous différents pseudos. Chaque joueur se crée autant d'avatars qu'il le souhaite, et peut les doter de caractéristiques physiques et psychologiques qui incarnent plusieurs aspects de sa personnalité.
Celui qui s'estime par exemple poète, fêtard et rugbyman peut avoir trois avatars, trois identités qui raducalisnet, voire caricaturent, ces trois aspects de sa personnalité, et les faire vivre dans le jeu. Les autres joueurs voient qu'il n'y a qu'un joueur derrière ces trois avatars, mais ils savent aussi qu'ils interagissent avec une seule de ses instanciations.
C'est génial, parce que c'est comme ça dans la vraie vie. On n'est pas tout à fait le même en famille, entre potes ou au travail. On joue sur les contextes et sur les rôles. Et pour tout dire, c'est pour cela que les réseaux sociaux, à la longue, deviennent un peu lassants. Cette obligation de communiqué en permanence sur son "vrai moi", de l'exposer à tous et de le contrôler est fatigante. Elle nous rappelle qu'après tout, le Panoticon, cette structure où il n'existe pas de point avaugle, a été inventée par Jeremy Bentham, comme modèle d'une prison parfaite.

Jouer avec ses identités, ne pas prétendre qu'elles nous sont fidèles, cela deviendra à n'en pas douter un mode d'existence normale dans les réseaux sociaux.

2- Des réseaux discrets

La deuxième innovation prometteuse, c'est le réseau "discret". Black Mamba Nation n'est pas un réseau social fermé (type Second Life) dans lequel il faudrait revenir pour jouer. On y accède par téléphone, par Facebook, par MSN. On s'y retrouve provisoirement avant de poursuivre son chemin. On peut y produire une émission diffusée sur Skyblog, ou des vidéo diffusées sur Facebook. Black Mamba Nation ne cherche pas à retenir ou à contrôler les utilisateurs. Il ne cherche pas à les concentrer en un même lieu pour leur vendre quelque chose. On y entre, on en sort, on le reprend.
Dans le monde réel, c'est ce qui se passe avec les bons romans. On les vit comme une réalité parallèle dans laquelle on est heureux de se replonger, pour 1 heure ou 5 minutes.

Ce peut sembler marginal par rapport à l'effort nécessaire pour développer un bon jeu, une bonne techno, un bon graphisme. Mais je suis certain que toute la réflexion sur les réseaux sociaux, dans les prochaines années, tournera autour de ces deux notions.

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