lundi, août 18, 2008

L'Afrique : dernière province de l'Empire du milieu ?

La Chine dérange. Nous ne savons pas la penser. Pays du Sud qui réussit, pays communiste qui maîtrise toutes les ficelles du capitalisme, nation de paysans et d’ouvriers qui inonde le monde de produits bon marchés, mais qui excelle aussi dans les biotechnologies et réussit à envoyer un homme dans l’espace.

Ce que nous ne réussissons pas à penser, nous le rejetons. Nous oublions ainsi cette réalité bien simple : civilisation millénaire, puissance hors norme, la Chine veut jouer un rôle de tout premier plan dans les affaires du monde. Elle s’y prépare et s’y emploie. Et elle dispose, désormais, des moyens de ses ambitions.

lundi, juillet 07, 2008

Les Discours des grands hommes

Obama a-t-il gagné les élections le 18 mars 2008 ? L’Histoire le dira. Mais ce qui est certain, c’est qu’il a prononcé ce jour là un discours capital sur la question raciale aux États-Unis. Surfant sur la vague d’Obamalâtrie qui déferle sur la France, les Éditions Grasset ont la bonne idée de nous proposer le texte intégral de cette allocution, en Français et en Anglais.

En mars 2008, la campagne d’Obama patine… Hillary Clinton vient de remporter les primaires de l’Ohio, de Rhode Island et du Texas… les sondages baissent… Les commentateurs commencent à se retourner contre lui…


vendredi, février 22, 2008

La Colère comme moteur de l'action politique

À n’en pas douter, Peter Sloterdijk est l’un des plus stimulants philosophes contemporains.

Par ses questions, ses sources de réflexion et sa méthode, il est essentiellement moderne. Dans chaque ouvrage, il éclaire d’un jour nouveau une situation actuelle dont on n’avait qu’un sentiment intime et informulé, puis propose des concepts qui en modifient durablement la perception.

vendredi, janvier 11, 2008

Qui obtient quoi ? Quand ? Et comment ?

La politique se résume souvent, pour les médias, les citoyens et même certains militants, à une épopée théâtrale. Affrontements idéologiques, aventures personnelles de "grands hommes", décisions courageuses. Parallèlement, nous sollicitons tous, au quotidien, aux services de nombreuses formes d’action publiques : administrations, politiques de santé, éducation, justice… mais il n’est pas toujours facile de faire le lien entre les deux…

Ce clivage s’est probablement accentué ces dernières années avec les progrès de la communication politique, du "storytelling" et avec peopolisation de la conquête du pouvoir.

mercredi, mai 30, 2007

Dans le même bateau




Peter Sloterdijk est un philosophe et écrivain allemand contemporain. Sa réputation parfois sulfureuse, surtout depuis la publication des Règles pour le dressage du parc humain ne doit pas dissimuler un esprit authentiquement novateur, s’emparant des problèmes contemporains avec une audace et un décalage de point de vue des plus féconds. Sloterddijk doit être lu pour ce qu’il écrit, et non pas pour les polémiques médiatiques ni pour son apparence romanesque.
Dans le même bateau propose, dans une manière bien allemande que l’on retrouve par exemple chez Hans Jonas (Le Concept de Dieu après Auschwitz), une sorte de parabole, de genèse fictive, d’histoire imaginaire de l’humanité qui permet de forger des concepts éclairants et de répondre à la question : du « dégoût que la société actuelle éprouve pour sa classe politique ».
La réponse de Sloterdijk tourne le dos aux explications philosophiques ou sociologiques pour proposer, à mille lieues des commentaires journalistiques habituels, une réflexion fondée sur ce qui fait appartenance, ce qui fait que les groupes humains tiennent ensemble et la manière dont cette cohésion fonctionne.

Cette histoire (imaginaire, une fois encore) des modes d’être ensemble distingue trois étapes, racontées selon une métaphore marine : l’âge « paléopolitique » serait celui de petites communautés (des clans) « dérivant sur des radeaux ». La seconde période (celle de la politique « classique » serait celle de la « navigation côtière » de navires souverains obéissant à l’ordre disciplinaire et aux idées de grandeur. Le troisième âge, dans lequel nous serions entrés, serait celui de « gigantesques super-ferries, quasiment ingouvernables en raison de leur taille monstrueuse et sillonnant un océan de naufragés ».